‹ Les trésors de Cornelius a LapideChapitre 22 sur 57 · XXV. Marie est reine · texte numérisé non relu

XXV. Marie est reine

dé crier + Sainte, sainte , sainte est la mère de Dieu, mère et vierge (Speculi). |

Toutes les créatures , dit saint Bernardin de Sienne , sont les servantes de Marie , comme de l’auguste Trinité; car, quelque rang qu’elles tiennent, toutes les créatures, soit les créatures spirituelles comme les anges, soit les créatures raisonnables comme les hommes, soit les éléments comme les cieux, soit Les élus, soit même les damnés et les démons: tout ce qui est soumis à l'empire de Dieu, est soumis à la puissance de la glorieuse vierge (1).

S'il n’est entièrement maudit, dit Marie à sainte Brigitte, personne, quelque ennemi de Dieu qu’il soit, ne m’invoquera sans qu'il revienne à Dieu et obtienne miséricorde (Revelat., lib. VI, x).

Dieu révéla cette mème puissance de la très-sainte Vierge à sainte. Catherine de Sienne : Ma bonté, lui dit-il, a accordé à Marie, glorieuse mère de mon Fils unique, à cause de l'incarnation du Verbe en elle, que tout pécheur qui linvoque avec une pieuse dévotion, ne puisse être trompé et séduit par l'esprit infernal ; car je l'ai choisie, je l'ai préparée et placée comme un doux hamecon pour prendre les hommes , et surtout les âmes des pécheurs (/n vita ejus).

Commentant ces paroles de l’Apocalypse : Un grand signe parut dans le ciel : Signum magnum apparuit in cæœlo (xir. 1), saint Bernard dit que de crainte de périr comme la cire devant le feu, le pécheur peut redouter de s’approcher de Dieu, qui est un feu dévorant ; mais , ajoute-t-il, qui est-ce qui peut redouter de s’approcher de Marie? Il n’y a rien de sévère en elle, rien de terrible; elle est toute douceur; elle offre à tous le lait et la laine : tout en elle est piété et grâce; ses mains sont pleines de pardon et de miséricorde (Serm. in illud : Signum magnum).

Si Marie, sur la terre, obtenait tout de son fils , que n’en obtientelle pas dans le ciel?

La reine votre épouse, dit le Psalmiste, se tient à votre droite, revètue d’or et de tout ce qu’il y a de plus précieux : Aséitit regina a dextris tuis in vestitu deaurato , cireumdata varietate (xziv. 10). Le

(1) Tot creaturæ serviunt gloriosæ Virgini Mariæ, quot serviunt Trinitati. Omnes nempe creaturæ quemcumque gradum teneant in creatis, sive spirituales ut angeli, sive rationales ut homines, sive ut cœli elementa, sive damnati, sive beati : omnia quæ divino imperio sunt subjecta, gloriosæ Virgini sunt subjecta ( De Laud. Virg.),

roi sera épris de votre beauté : Concupiscet rex decorem tuum (Psal. xzrv. 42). Cette reine dont parle le prophète est Marie...

Par sa maternité divine, Marie est devenue reine du ciel et de la terre, des anges et des hommes. Tous les chrétiens la reconnaissent comme étant de plein droit leur reine, lui sont soumis et se regardent comme ses serviteurs : bien plus, ils désirent l’être réellement ; ils s’en font gloire, et ils y trouvent leur souverain bonheur...

La dignité de reine l’emporte: sur toutes les dignités : elle est supérieure à celles de seigneur et de prince ; parce que la dignité de reine est de premier ordre, et se trouve au niveau de la di gnité de roi. La bienheureuse vierge Marie, étant la reine du ciel et de la terre, l'emporte donc par la majesté de cette incomparable position, sur les dignités dont peuvent être revêtus les hommes et les anges ; ils ne sont que ses sujets...

Marie surpasse en grâce, en mérite, en dignité, non-seulement chacun des hommes et des anges pris en particulier, mais tous ensemble ; et si, disent les docteurs de l'Eglise, on mettait dans le plateau d’une balance toutes les grâces , tous les mérites, toutes les dignités, toute la gloire de tous les anges et de tous les hommes , et dans l’autre , les grâces, les mérites, les dignités et la gloire de Marie , la balance pencherait du côté de la part de cette unique et incomparable reine. D'où il suit qu’elle seule est plus aagréble à Dieu , plus précieuse à ses yeux et plus aimée de lui que tous les anges et les hommes réunis. C’est pourquoi ses prières ont plus de poids auprès de Dieu que celles de tous les hommes et de tous les anges prises ensemble. Elle est plus digne qu’eux d’être exaucée, et la raison en est évidente : la dignité de mère lui assure ce droit. En cette qualité, elle s'approche de Dieu , comme une mère s’approche de son fils. Une mère ordinaire est plus élevée que tous les serviteurs et toutes les servantes, et même que ses enfants; elle leur commande, elle est la maîtresse de la maison. Ainsi la bienheureuse Vierge est placée par J. C., dont elle est la mère , à la tête de l'Eglise sa famille ; et il faut qu’elle soit supérieure en dignité à tous ses enfants, à tous les fidèles...

Pourquoi , demande saint Irénée, le mystère de l’incarnation du Verbe ne s'est-il pas accompli sans le consentement de Marie? Parce que Dieu a voulu, répond ce saint docteur, que Marie soit le principe de tous les biens ; Quid est quod sine Mariæ consensu non per ficitur incarnationis mysterium ? Quia nempe vult ilam Deus omnium bonorum esse principium (De B. Virg.),

Page 1