XXVIIL. Prérogatives de Marie
d’une femme pour perdre le genre humain; Dieu s'est aussi servi d’une femme pour le sauver (Serm. de Nativ. ).
Dieu est notre roi avant les siècles; il a opéré notre salut au milieu de la terre, dit le Psalmiste; c’est-à-dire dans le sein de Marie, disent les commentateurs: Deus rex noster ante secula , operatus est salutem in medio terræ (Lxxnx. 12).
Par Marie, nous a été donnée l’immortalité bienheureuse.. ; par elle nous devenons bons et forts, nous possédons la paix et la LIO CEE
Je vous salue , dit saint Chrysostome, je vous salue, à Marie , qui êtes la mère, le ciel et le trône de notre Eglise, son honneur , sa gloire et son appui: Ave, mater , cœlum, thronus Ecclesiæ nostræ ; decus , gloria et firmamentum (Serm. de Deipara ).
Un grand signe apparut dans le ciel , dit PApocalypse : une femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds , et sur sa têle une couronne de douze étoiles : Signum magnum apparuit in cœlo : mulier amicta sole, et luna sub pedibus ejus , et in capte ejus corona stellarum duodecim (xir. 1), D’après les saints Pères et l'Eglise, cette femme est Marie; et saint Bernard regarde les douzes étoiles qui forment sa couronne comme la figure des douze prérogatives dont elle jouit. Ces douze prérogatives sont : Lo une splendeur singulière dans sa conception sans tache... ; 2 la salutation que l'ange lui adressa.… ; 30 la descente du Saint-Esprit en elle... ; 4 l’ineffable conception du Fils de Dieu...; 5° d’avoir été la première et les prémices des vierges...; 6° d’être devenue féconde en demeurant vierge... ; 7 de n'avoir point éprouvé les fatigues de la grossesse. ; 8° d’avoir enfanté sans douleur... ; 9° d’être le modèle de là pudeur... ; 10° d’être le.-modèle de l'humilité... ; 11° d’avoir eu une foi magnanime...;
420 d’avoir été l'exemple et le modèle des martyrs de cœur ( Sem. super hæc verba Apoc.).
Le glorieux privilége de la gloire de Marie, dit saint Bonaventure, est d’être la plus élevée en gloire après Dieu, Le glorieux privilége de la gloire de Marie, c’est que tout ce qu’il y a de plus beau, tout ce qu’il ya de plus doux, toutce qu’il ya de plus agréable dans la gloire, après Dieu, est Marie , est en Marie et par Marie. Le très-glorieux privilége de la gloire de Marie , c’est que notre plus grande gloire et notre plus graude joie, après Dieu, nous viennent de Marie (1).
(). Gloriosum glorie Mariæ privilegium est; quod ipsa in glotia gloriosissima est
Voilà pourquoi saint Bernard s’écrie : Après jouir de la vue du Seigneur , la gloire suprême, 6 Marie, c’est de vous voir! Summa gloria est, o Maria, post Dominum, te videre (Serm. in Cant.)
Mème dans l'élection divine , la mère n’a pas été séparée du fils, dit Suarez (De B. Virg.). |
La très-sainte Vierge a été prédestinée do à être la première ét la plus parfaite de toutes les œuvres de Dieu. ; 20 à être le modèle de sainteté d’après lequel Dieu formerait les saints anges , les apôtres, les martyrs, les vierges, les confesseurs, les religieux et en général tous les chrétiens : Dieu ayant prédestiné Marie, prédestine tous les saints par elle et d’après elle. ; 3° à posséder le privilége d’être la plus élevée en grâce , en gloire, en sainteté et en puissance ; car elle est destinée, avant le commencement des siècles, à être la princesse, la maîtresse et la reine de toutes les créatures. ; 4° à devenir les prémices des œuvres de Dieu. Par les fruits choisis que l’on offrait autrefois au Seigneur , tous les autres fruits étaient censés lui être offerts et être sanctifiés : ainsi la terre offre Marie à Dieu comme prémices de la nature humaine; afin que par cette biénheureuse Vierge tous les hommes et la nature entière soient en quelque sorte offerts, purifiés et sanctifiés.…..
Beaucoup de femmes ont amassé des richesses; mais vous, vous les avez toutes surpassées, disent les Proverbes : Multæ filiæ congregaverunt divitias, tu supergressa es universas (xxxr: 29).
Marie , en effet, l’emporte sur toutes les créatures autant que la lumière du soleil l’emporte sur les autres lumières. Lorëque le soleil parait , tous les astres s’effacent comme pour lui rendre hommage; sa splendeur éclipse tout. Ainsi en est-il de Marie... Elle a fait toutes ses actions de telle sorte , dit saint Grégoire de Nazianze, et chacune d’elles d’üne manière si parfaite, qu’une seule suffirait à sanctifier tous les hommes : Sic enûn omnia præstitit; sic autem ad Summum singula, ut vel unum solum pro omnibus abunde suffceret (Serm. de Nativ.).
La très-sainte Vierge, dit saint Bernard , la très-sainte Vierge qui conçut, enfanta et allaita le Sauveur , fut constamment à ses côtés ; elle accompagna presque tous ses pas, et plus que tout autre, elle
post Deum. Gloriosum gloriæ Mariæ privilegium est, quod quidquid post Deum pulchrius, quidquid dulcius, quidquid jucundius in gloria est, hoc Maria, hoc in Maria, hoc per Mariam est. Gloriosum omnino gloriæ Mariæ privilegium est, quod quidquid post Deum major gloria nostra, majus nostrum gaudium est, de Maria est ( Speculi, ci vi).
ne perdit aucune de ses paroles, ni de ses actions. Seule, elle comprenait les œuvres insignes du Sauveur, les merveillés admirables de sa prédication, ses paroles fortes et extraordinaires , sa sévérité divine contre le monde corrompu et surtout orgueilleux, contre le péché, et contre le prince des enfers; seule, elle fut un témoin assidu de tous ces faits; elle les vit d’une manière spéciale; elle en étudia plus attentivement le sens, le connut mieux, et le conserva plus fidèlement dans sa mémoire ; elle imprima profondément dans l'esprit des apôtres et des disciples ce qu’elle savait et avait vu, elle le leur communiqua avec une très-grande fidélité et les en pénétra intimement. Cest ce qu’on lit dans l'Evangile ‘ Marie, ÿ est-il dit, conservait toutes ces choses en elle-même, les repassant dans son cœur : Maria autem conservabat omnia verba hæc , conferens in corde suo (Luc. 1. 19). Voilà pourquoi Salomon la loue en ces termes : Beaucoup de femmes ont amassé dés richesses ; mais vous, vous les avez toutes surpassées ( Prov. xxxr. 29). La mère du Fils de Dieu eut plus que tout autre l'intelligence des paraboles, des énigmes , des cérémonies légales ; des actions miraculeuses et des paroles du Sauveur ; elle en donna une explication plus exacte et plus intelligible, elle eut une foi plus ferme (Serm. in Cant. ). .
Dieu, dit saint Bonaventure , avait préparé à Marie, non-seulement les biens du ciel les plus grands, mais la multitude et l’abondañce même de ces biens; en sorte qu'aucun ange ni aucun saint n’a approché de l'abondance surabondante dont jouit Marie selon ces’paroles : Beaucoup ont amassé de grands trésors, mais vous les avez tous surpassés. Ceux que la très-sainte Vierge a surpassés sont les saintset lesintelligences célestes. Marie n’a-t-elle pas des richesses incomparables, puisqu'elle est la première et la plus parfaite des vierges , le modèle des confesseurs, qu’elle brille parmi les martyrs , eomme la rose parmi les fleurs, qu’elle est le guide des apôtres, l’oracle des prophètes , la fille des patriarches, la reine des anges? Quelles sont les richesses de tous ceux-ci qui lui ont manqué? Elle les a toutes réunies en elle, et les ainfiniment surpassées (Speculi, c. It).
Par son seul consentement à devenir la mère du Verbe , Marie , dit saint Bernard , a mérité l'extinction totale du foyer de la concupiscence et du péché ; elle a mérité l'empire de l’univers , la plénitude de toutes les grâces, de toutes les vertus, de tous les dons, de toutes les béatitudes et de tous les fruits du Saint-Esprit, de toutes les sciences, l'intelligence des langues, le don de prophétie, la connais= sance des esprits et la science des vertus (Serm. LI).
Voici les sept grands priviléges que Dieu a accordés à Marie , et que saint Bonaventure signale (Speculi, c. vr ét vir) : 1° Saint Cyrille l'appelle la forme de Dieu: Forma Dei; 2 le même docteur lui donne le titre de perle de l'univers : Margarita orbis terrarum (Homil. contra Nestorium }; 3° saint Jean Damascène la nomme la vivante image de Dieu : Animatum Dei simulacrum (Orat. 1 de Nativ. Virg. }; 4° saint Bernard, l’œuvre dont-se sont occupés tous les siècles, et vers laquelle tournaient leurs regards et les esprits célestes , et les âmes détenues dans les limbes, et les fils des fils d'Adam et ceux qui devaient naître d'eux : Vegotium seculorum > ad quod respiciunt et qui in cœlo habitent, et qui in inferno, et nati natorum, et qui nascentur ab illis (Serm. 11 de Pent.); 3° saint Ignace, le céleste prodige et le très-saint spectacle : Cœleste prodiqium et sacratissimum Spectaculum (Epist. 1 ad Joann. Apost. ); 60 saint Chrysologue, la réunion de tout ce qui constitue la sainteté : Collegium sanctitatis (Serm. excvi); 7° enfin Hésichius, évêque de Jérusalem, l’äppelle le complément universel de la Trinité : Universum Trinitatis comple- Mentum ; parce que le Saint-Esprit la couvrit de son ombre , que le Père la combla de ses dons, et que le Fils habita dans son sein (Homil. x de S. Maria ).
Puisque Marie a tant de prérogatives et de priviléges, tant dé grandeur, de puissance et de bonté, pourquoi ne mettrions-nous pas en elle toute notre confiance? pourquoi ne l’invoquerions-nous pas souvent? Celui qu’elle protége ne peut périr.…
Mare, dit saint Bernard, est la violette de l'humilité, le lis de là pureté, la rose de la charité , l'honneur et la joie du ciel : Maria est viola humilitatis, lilium castitatis | rosa caritatis , decus, gaudium cœli (In Deprecat. ad B: Virg., p: 64).
Les Pères de l’Eglise célèbrent les perfections et les gloires de Marie par d’admirables louanges. Ecoutez saint André de Crète : O sainte, vous qui êtes plus sainte que tous les saints et le trésor parfait de toute sainteté : O sancta, et sanctitatis sanctior » eË omnis sanctitatis sanctissime thesaure (1 ejus vita ).
Voici maintenant les paroles de saint Ildefonse : Comme ce que Marie a fait est d’une perfection incomparable , et qu’il est impossible d'exprimer les dons qu’elle a reçus, sa récompense et sa gloire sont au-dessus de toute appréciation et incompréhensibles { Serm. 1 de Assumpt. ).
Saint Chrysostome dit qu’elle est incomparablement plus élevéé I 13