XLII. La dévotion à Marie est une marque de prédestinalion
Jamais fidèle serviteur de Marie n’a péri; c’est donc un honheur inappréciable d’honorer Marie, de la prier, de l’aimer et de limiter...
Le vrai serviteur de Marie reçoit par elle mille grâces; mille con: solations, mille secours , et il assure son salut, Heureux, infiniment heureux celui qui s’attache à elle et qui lui rend un culte fervent... Lz culte et la dévotion envers la mère de Dieu sont une marque certaine de prédestination ; comme le mépris pour Marie et la désobéissance envers elle sont tout à la fois une marque certaine ét une cause de réprobation. Nestorius, Helvidius , Constantin Copronyme, Julien l’Apostat, etc.…, l’ont bien prouvé.
Celui qui sert, qui honore et qui prie Marie, prie, honore et sert J. G. Celui qui, au contraire, méprise et outrage Marie, méprise et outrage son fils. Dans l’Eglise, J. C. est comme un père de famille au milieu des siens; dans l'Eglise aussi, soit triomphante, soit mili: tante, soit souffrante , la bienheureuse Vierge Marie, par don et par volonté spéciale de J. G., a le pouvoir et la dignité de mère de famille.
Aussi saint Germain , patriarche de Constantinople , dit-il : Comme la respiration continuelle est non-seulement un signe,
mais encore une cause de vie; de même l’invocation fréquente de Marie, non-seulement prouve qu’on vit de la vie véritable, mais encore donne cette vie et la conserve (Serm. de Zona B. Virg.).
La bienheureuse Vierge est le guide , la reine, la mère et la gar-
dienne des élus...
Un grand nombre de théologiens enseignent qu’une marque d'élection divine et de salut, c’est la sincère dévotion à la très-sainte Vierge...
S'il n’est entièrement maudit, dit Marie à sainte Brigitte, personne, quelque ennemi de Dieu qu'il soit, ne m'invoquera sans qu'il revienne à Dieu et obtienne miséricorde (Revelat.).
Marie est si puissante et si bonne qu’elle ne refuse rien à ses fidèles serviteurs, et J. C. à son tour aime tant sa divine mère , qu'il lui accorde tout ce qu’elle demande...
Aureste, l’expérience prouve que le vrai serviteur de Marie est toujours vertueux et qu’il déteste souverainement le péché; or, le salut n’est qu’à ce prix...
Lonsous J. C. du haut de la croix prononca ces douces paroles : Tout est consommé : Consummatun est (Joann. xix. 30), paroles qui furent les dernières qui sortirent de sa bouche divine, le monde était racheté et sauvé, la colère céleste calmée, l'enfer fermé, les démons abattus et nos chaînes brisées; l’esclavage du genre humain avait pris fin, l’anathème porté contre nous était levé, nos droits au céleste héritage nous étaient rendus, et le ciel se trouvait ouvert. Tout est consommé : Consummatum est ; J, C. avait fait tout ce qu’il fallait pour satisfaire à la justice de son Père, pour accomplir les prophéties , et pour racheter les hommes.
. Maïs voici une remarque frappante qui prouve que la dévotion à Marie est comme nécessaire au salut, et que J. CG. a voulu que l’homme füt sauvé par elle : C’est du haut de la croix queJ. C. dit à sa mère, en lui montrant saint Jean, qui représentait alors tous les hommes : Femme, voilà votre fils : Dixif matri sucæ : Mulier, ecce filius tuus. Ensuite il dit à son disciple, en lui montrant Marie : Voilà votre mère : Deinde dicit discipulo : Ecce mater tua (Joann. xIxX. 26.27). Après cela Jésus, sachant que tout était accompli, c’est-à-dire que tout était réglé avec le ciel et que le monde était racheté , s’écria : Tout est consommé : Consummatum est.
Ce n’est qu'après que J. G. nous a donné Marie pour mère, qu'il dit : Tout est consommé. J. G. met donc les rapports maternels et
XLHIIE, Nécessité de la dévotion
envers Marie,