XLIV. Quel culte on doit à Marie
filiaux de Marie et des hommes au nombre des choses nécessaires pour la rédemption et le salut; la dévotion envers Marie est donc nécessaire pour être sauvé.
J. C. nous a donné Marie pour mère; mais un enfant doit à sa mère amour, respect, obéissance; si nous voulons aller au ciel, aimons donc, respectons , sérvons Marie et obéissons-lui..….
J. G. met sa mère au-dessus de tous les élus : il veut que personne ne monte au ciel sans le consentement, le secours et la direction de sa mère, Celui qui désire son salut et qui veut l’assurer, doit être fervent serviteur de Marie ; il doit croître chaque jour en dévotion envers elle...
Toutes les grâces passent par les mains de la très-sainte Vierge; or, le salut est l’œuvre de la grâce; donc la dévotion à Marie est nécessaire pour être sauvé...
Saint Germain, patriarche de Constantinople, dit formellement que nul n’est sauvé que par la très-sainte Vierge : Nemo salvatur, nisi per te, o virgo sanctissima (Serm. de Zona B. Virg.). Saint Bonaventure dit aussi : 0 Marie, celui que vous voulez sauver, le sera; et celui dont vous détournez votre visage subira l’éternelle mort : Quem vis, salvus erit ; et a quo avertis faciem tuam , ibit in interitum (In Psalterio Virginis ). Ce grand docteur ajoute : Celui qui servira dignement Marie, sera justifié; et celui qui l’aura négligée , mourra dans son péché : Qui digne coluerit illam , justificabitur, et qui neglexerit illam , morietur in peccatis suis ( Ut supra).
Voilà pourquoi saint Jean Damascène dit : De tous les dons, le plus parfait est la Vierge Marie, qui seule est digne de son Créateur; elle est un ciel vivant plus grand que les cieux eux-mêmes : Donum omnium donorum præstantissimum est Maria virgo , quæ sola Creatore digna erat, vivum cœlum , cœlis ipsis latius ( Orat. de Nativ. Virg. ).
Sainte Agnès étant apparue à sainte Brigitte, lui fitconnaitre les grandeurs admirables de la mère de Dieu, les louanges qui lui étaient adressées et lui dit : Comme le soleil éclaire et vivifie le ciel et la terre; ainsi la douceur de Marie obtient le don de piété à tous ceux qui la servent ( Zn Revelat. ).
Marie porte le titre de médiatrice et de réparatrice; il faut donc la prier , etc...
Saivr Thomas enseigne que la très-sainte Vierge est honorée d’un culte qui n’est point accordé aux saints et aux anges, et qui se
nomme le culte d’Ayperdulie, c’est-à-dire culte placé au-dessus de tout autre, celui de Dieu excepté. ILen est ainsi, dit-il, parce que Marie, par son-opération et sa coopération, a approché plus près que qui que ce soit des confins de la divinité; car, dans l'incarnation de J, GC. , elle a fait tout ce que pouvait faire la force de la nature, et quand celle-ci à fait défaut, la divinité est survenue afin d’achever seule la substance même de l’œuvre (1).
Tous les docteurs de l'Eglise enseignent que la bienheureuse Vierge surpasse en grâce, en vertus, en perfection, en dignité, en honneur, en puissance et en gloire, tous les anges et tous les hommes réunis. L'Eglise honore les saints du culte de dulie, c’està-dire d’un culte ordinaire ; mais elle rend à Marie le culte d’Ayperdulie, le plus rapproché du culte de Zatrie, qui n’appartient qu’à Dieu, parce que c’est un culte d’adoration. Mettez ensemble tous les honneurs qui sont dus et qui sont rendus à chaque ange et à chaque saint, et à tous ensemble, ces honneurs ne constitueront que le culte de dulie ; jamais, quelque grands qu’ils deviennent , ils ne mériteront de porter le nom de culte d’hyperdulie, qui appartient à Marie, et seulement à elle”: ce culte est d’un ordre supérieur au mérite de tous les anges et de tous les élus réunis. Il est autant au-dessus du culte dù aux saints et aux anges, que Marie par ses vertus , sa puissance et sa dignité est au-dessus de tous les membres de la cour céleste.
Marie se louera elle-même , elle s’honorera en Dieu et elle se glorifiera au milieu de son peuple, dit Ecriture; elle ouvrira la bouche dans les assemblées du Très-Haut, et elle se glorifiera devant les armées du Seigneur. Elle sera élevée au milieu de son peuple, et elle sera admirée dans l’assemblée des saints. Elle recevra des louanges au milieu de la multitude des élus, et elle sera bénie parmi les bénis de Dieu (Æccli. xx1v. 1-4).
L'Eglise a placé dans l'office de la très-sainte Vierge, et elle applique avec raison à Marie ces paroles que l’Ecriture met dans la bouche de la Sagesse. En effet, par l'entremise de Marie s’est accomplie l’œuvre suprême de la divine Sagesse. Dans cette œuvre, c’està-dire dans la conception et la nativité de Marie, dans la génération humaine du Verbe , dans la sanctification et la glorification, Dieu a
(1) Sua operatione fines divinitatis propinquius -attigit; in incarnatione enim Christi, fecit omne id, ad quod extendere se potest vis naturæ, qua deficiente, successit divinitas , utipsam substantiam operis deinde sola perfieret (2, 2. p. q, 103, art, 1v, ad2).