‹ Les trésors de Cornelius a LapideChapitre 51 sur 57 · PÉCHÉ CONTRE LE SAÏNT-ESPRIT · texte numérisé non relu

PÉCHÉ CONTRE LE SAÏNT-ESPRIT

pieuses et saintes que Dieu opère pour le salut des hommes et par lesquelles il confirme leur foi et la vérité de sa parole : telles sont chasser les démons , ete.; ces œuvres émanant de la bonté et de la sainteté de Dieu, appartiennent spécialement au Saint-Esprit. Cette manière de voir est celle de saint Athanase, de saint Ambroise, de saint Jérôme et de saint Chrysostome.

Le péché contre le Saint-Esprit ne sera pas remis : Non remittetur ; c’est-à-dire , il ne sera remis que difficilement, et rarement. Mais Dieu, qui est la volonté et la puissance même, peut remettre et remet tous les péchés, lorsqu'on s’en repent sincèrement... Ce péché ne sera pas remis même dans le siècle futur : Veque in futuro; car quiconque meurt en état de péché mortel, va en enfer, et ne doit plus espérer d’en sortir... |

Tout péché de malice est péché contre le Saint-Esprit, dit saint Thomas d’Aquin : Omne peccatum ex malilia, est contra Spiritum Sanctum (De Peccat. ).

Qu'est-ce que le péché, et surtout le péché mortel.

E péché est une désobéissance à la loi de Dieu... Qu'est-ce

que le péché? dit saint Chrysostome : c’est l'abandon de la

volonté au démon; c’est une folie à laquelle on se livre de plein gré: Est voluntarius dæmon , et spontanea insania (Moral. ).

Qu'est-ce que le péché? c’est la complète dégradation de l’homme, sa souveraine misère , le mal suprême de l’homme et de Dieu; car il est absolument opposé au bien suprême.

Le péché n’est pas une substance , ce n’est pas un être ; car tout être est bon. Le péché est la privation de l'être...

Le péché, dit saint Augustin, est la négation de l'être; c’est le néant : Peccatum est non ens, peccatum est nihil ( Sentent.),.

Pécheurs qui vous réjouissez , vous vous réjouissez dans le néant , dit le prophète Amos : Lætamini in nihilo (vr. 14).

Le péché est appelé la négation de l'être, le néant : 4° parce qu’en lui-même il est quelque chose de vil, de nulle valeur...; 20 parce que le plaisir du péché passe vite et s’évanouit.. ; 30 parce que le péché conduit celui qui le commet à une sorte de néant, c’est-àdire à la mort présente et éternelle. ; 40 parce qu’il est la négation de l'être au point de vue de la vertu ou du bien moral ; car le péché est un mal moral... ; 5° parce qu'il est une privation de bien M une privation n’est pas quelque chose de positif, mais de négatif, c’est-à-dire rien... 6e Le péché mortel sépare l’homme de Dieu , qui est l'être par excellence, le créateur de tout , sans lequel rien n’a été fait et rien ne vivrait; il s'ensuit que le péché conduit au néant.

Seigneur , dit saint Augustin, comme rien n’a été fait sans vous . en faisant le péché qui n’est que néant , nous sommes devenus des néants ; sans vous, par qui tout a été fait et sans lequel rien n’a été fait, nous ne sommes rien. Malheur à moi, devenu si souvent un vrai néant par le péché! Je suis devenu misérable, J'ai été réduit à rien , et je lai ignoré. Mes iniquités m’ont conduit au néant. Rien n'est bon sans le bien suprême. Le mal n’est autre chose que la privation du bien; comme la cécité n’est autre chose que la privation de la lumière. Ainsi le péché est néant, parce qu’il n’a pas été fait! Mais, continue saint Augustin , s’il n’a pas été fait, comment est-il mal? Parce que le mal est la privation du Bien par qui le bien a été

fait, Etre sans le Verbe est mal ; c’est n'être pas : il n’y a rien sans le Verbe. Etre séparé du Verbe, c’est être sans voie, sans vérité, sans vie, Voilà pourquoi , sans lui, c’est le néant, et ce néant est le mal, parce qu’il est séparé du Verbe , par qui tout ce qui a été fait est très-bon, Mais être séparé du Verbe , par qui tout a été fait, ce n’est pas autre chose que faillir, et du fait passer au non-fait, puisque sans le Verbe, il y a néant (Zn Ævang. S. Joann.).

Par lui-même et de sa nature le péché est néant, parce qu’en le commettant, l'homme s'attache aux créatures et met en elles son bonheur, les opposant au Créateur et les lui préférant; mais, comparées au Créateur, les créatures ne sont que l’ombre de l'être, et par conséquent que néant. Voici, en effet, l’essence et le nom de Dieu : Je suis celui qui suis : Ægo sum qui sum (Exod. nr. 14). Je suis celui qui seul possède l’être véritable, entier, immense, infini, éternel; et les créatures participent de moi comme une ombre; car leur être est si pauvre, si changeant , si fragile, si rapide, si peu stable, que, comparé au mien , il doit être appelé néant plutôt qu'être. Or, comme les créatures n’ont pas l'être véritable, elles n’ont pas non plus le vrai bien, mais seulement l’ombre du bien; car l’être réel et le bien vont ensemble : tel être et tel degré d’être, tel bien et tel degré de bien : le bien, en effet, est l’intime propriété de lêtre. Le vrai bien, comme l’être véritable , appartient à Dieu seul, et non à l’homme. Aussi Dieu est appelé, dans l’Ecriture, seul sage, seul puissant, seul immortel, seul Seigneur, seul bon, seul grand , seul juste, seul pieux, seul glorieux, parce què lui seul a Ja sagesse, la puissance, l’immortalité, la domination, la bonté, la grandeur, la justice, la sainteté, la gloire véritables, infinies, incréées. pi . En mettant son bonheur dans les créatures, et non dans le Créateur, le pécheur se réjouit donc d’une ombre, d’un néant : Lætamini in nihilo. Mais que les ombres des créatures, dans les ténèbres de cette vie, paraissent grandes à l’homme aveugle! Au coucher du soleil, les ombres qui descendent des montagnes s’allongent et deviennent colossales; ainsi, quand Dieu disparait, les ombres que projettent les choses de la terre s'étendent , et le mondain les admire et les poursuit ; mais son attente est déçue : il imite le chien d’Esope, qui, voyant se refléter dans l’eau le morceau de viande qu'il portait à la gueule, l’abandonna pour saisir ce qui n’en était que l'ombre, et perdit l’un et l’autre.

- Ah ! Seigneur, que votre jour se lève, le jour de votre éternelle elarté, et que les ombres du jour ténébreux d’ici-bas , de ce jour de

vanité et de mortalité, disparaissent. Dissipez le nuage qui nous enveloppe , afin que nous abandonnions les créatures et le péché, et

* que nous nous attachions à vous qui êtes l'être infini et le bien

Génération et famille du péché,

Adam, le premier homme, a commis huit péchés,

véritable...

Qu'est-ce que le péché? C’est un doux poison qui donne une mort pleine d’amertume au pécheur...; c’est une goutte de miel vénéneux qui se change en un océan de fiel.…; c’est une blessure à laquelle on ne peut survivre..; c’est une fièvre accompagnée de délire et qui tue promptement...; c’est la perte de l’âme.…; c’est le plus redoutable ennemi de l’homme, qu’il sépare de Dieu, et qu’il fait l’esclave de Satan...

Le péché, dit saint Augustin, est la cause de tous nos maux: Malorum omnium nostrorum causa peccatum est (De Morib.).

Le mort, dit saint Ambroise, est préférable au vivant, parce qu'il a cessé de pécher; celui qui n’est pas né est préférable au mort , parce qu’il n’a jamais péché : Mortuus prœfertur viventi, quia peccare desinit ;: mortuo præfertur qui natus non est, quia peccare nescivit (Serm. v).

Le libre vouloir peut être appelé le père du péché, et la concupiscence habituelle sa mère; réunis , ils donnent naissance à tous les crimes. Ou bien le péché n’est qu’à demi formé et comparable à un embryon; alors c’est le péché véniel : ou bien il est entièrement formé ; alors c’est le péché mortel , commis après délibération et de plein gré. Le premier-né du péché, c’est la mort , tant présente que future et éternelle ; car le péché a engendré celle qui devait le châtier; il a enfanté sa peine.

À un autre point de vue, le premier père du péché c’est Lucifer dans le ciel, et le serpent dans le paradis terrestre, Ses premiers-nés sont le péché des anges et le péché originel.

Ava a commis huit péchés : 1° péché d’orgueil, en aimant mieux être son maitre que de vester soumis à la puissance divine; 2 péché de trop grande complaisance pour son épouse qui lui présentait le fruit défendu , et à laquelle il ne voulut pas déplaire...; 3 péché de curiosité...; 4° péché d’incrédulité, en n’ajoutant pas foi aux menaces de son Créateur...; 5 péché de présomption , en considérant la défense qui lui avait été faite comme une défense légère; 6° péché de gourmandise.….; T° péché de désobéissance…; 8e péché, en sexcusant au lieu d’avouer humblement sa faute... Voilà

l’origine de tous les maux qui inondent l’univers depuis bientôt six mille ans...

La volonté est tellement essentielle pour faire un péché, que sielle manque , 1] n°y a pas de péché , dit saint Augustin : Peccatum ita in sua essentia includit voluntarium , ut si hoc desit, desinat esse peccatum (Lib. I, retract. xv).

Tout est dans la volonté , le bien comme le mal. Sans volonté, point de péché ni de vertu...; sans elle, point de mérite, point de salut, point de ciel. ,

Que la volonté propre cesse , dit saint Bernard, et il n’y aura plus d'enfer : Cesset voluntas propria, et infernus non erit (Serm. de Resurrect.).

Nous repoussons de vous les hontes secrètes , dit saint Paul aux Corinthiens : Abdicamus occulta dedecoris (1L. 1v. 2). La turpitude aime les ténèbres...

Ecoutez Sénèque, un philosophe païen : Quand bien même, dit-il, Je saurais que les hommes l’ignoreront , et que Dieu me le pardonnera , je ne-voudrais pas, commettre le mal, et cela à cause de VPindignité d’un pareil acte : £'fiamsi scirem homines ignoraturos , et Dèum ignosciturum ; tamen peccare nollem ob peccati turpitudinem (In Prov.). .

Le remède du péché est dans le péché lui-même, c’est-à-dire dans la considération de sa laideur , de la tache qu'il imprime à l’âme et de ses funestes conséquences... |

Le péché renfermie bien des hontes et bien des maux : il les comprend tous; cependant il en est cinq qui lui sont propres : 4e Il est contraire à la droite raison, qu’il déshonore. 2° Chaque péché est opposé à telle ou telle vertu en particulier : ainsi , l’orgueil attaque l'humilité ; l’impureté , la pudeur et la pureté, ete.; on peut même dire que chaque péché attaque toutes les vertus à la fois. Or, les vertus sont le bien et la perfection des hommes et des anges... 3° Dès ici-bas, le péché appelle sur celui qui le commet une foule de maux: par exemple, le déshonneur, les maladies, les châtiments , etc... 4o [Il est une offense commise contre Dieu, le souverain mal de la divinité qu’il insulte et provoque. Car , par le péché , l’homme sattache aux créatures , aux plaisirs, à l’or, etc….; il les préfère au Créateur , et place interprétativement en elles son bien suprème; par conséquent , il nie autant qu’il le peut la souveraine bonté et

Le péché est dans la volonté.

En lui-même,

le péché

est horrible et

honteux.

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