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Les trétaux de Charles Monselet

[Dans la rue. Un candidat au fauteuil académique, — supposez M. Philarèle Chasle, M. Cuvillier-Fleury , M. Jules Sandeau, M. Victor de Laprade ou M. Mestépés, — solennellement vêtu de noir et cravaté de blanc, s'introduit avec précaution dans un coupé. L'air est pur; le candidat est soucieux.)

Le Candidat. — Cocher, à l'heure; il est midi.

Le Cocukr. — Oîi allons-nous?

Lk Ca.ndidat, tirant de sa poche une longue liste et la parcourant. — Chez M. Mignet? Non, plus lard..., M. do Vigny? il est à sa rL-[)otition de Chatterton... chez M. Villemain? Oui... Cocher! rue Mazarine, 3.

Le Cocher, fermant la portière. — Bien, monsieur.

Le Ca.ndidat, roulant. — Le sort en est jeté! Académicien ! je veux être académicien ! Et pourquoi pas, après tout? Je forai Irès-bien sous la coupole, avec un habit brodé de palmes. N'ai-je pas écrit des œuvres considérables, fortes d'idées et riches de style? Si je

n'ai pas moralisé les masses, c'est uniquement parceque je n'}' ai pas pcQsé. Il faut se réserver quelque tâche pour ses vieux jours. Allons, l'Institut m'ira comme un gant !

{On arrive chez M. ViUemain. Le secrétaire perpétuel de V Académie française marche rapidement dans sachambre, en dictant. Il ne s'arrête point à l'entrée du. candidat.)

M. ViLLEMAiN. — Ah! ah! c'est vous. Vous venez chercher mon dernier rapport. Il ne se distribue que chez moi, en effet. Le voilà. Vous vous portez bien? {Il marche.)

Le Candidat. — Je vous remercie. Mais je viens pour autre chose encore...

M. ViLLEMAiN. — Pour autro chose? Dites-moi, êtes-vous fatigué?

Le Candidat, surpris. — Non.

M. ViLLEMAiN. — Dans ce cas, il vous doit être égal de causer en marchant?

Le Candidat. — Absolument égal.

M. ViLLEMAiN. — Marchons donc. Cela m'est imposé par mon médecin. A présent, qu'est-ce que vous voulez?

Le Candidat. — Vous ne devinez pas?

M. ViLLEMAiN, marchant. — Du tout, du tout!

Le C.\>;didat, le suivant. — Votre voix, illustre ami.

M. ViLLEMAiN. — Ma voix ?

Le Candidat. — Pour un des deux fauteuils vacants.

M. ViLLEMMN, marchant. — Cela vous tient donc toujours?

Le Candid aï, le suivatit. — Plus que jamais. M. ViLLEMAiN. — C'est fûchoux I

(// s'arnUe. Ou cuiinait l'habitude de M. Villemain : il passe souvent la viain sur sa télé; quand il amène uti cheveu blanc, il le jette avec humeur; mais si c'est un cheveu gris, il le replace pieusement sur sun crâne.\

Le Ca.ndidat, inquiet. — Vous êtes donc engagé ?

.M. Villemain. — Avec personne.

Le Candidat. — Eh bieni alors?

M. Villemain, marchant. — Ah! voilà. C'est assez délifat ù dire; j'essnyerai cependant avec vous parce que vous êtes mon ami. Vous avez certainement beaucoup de talent, d'érudition et même quelquefois d'éclat; mais toutes ces qualités sont déparées par un vice radical : en un mot, mon cher, vous n'avez pas la phrase assez longue.

Le Candidat, le suivant. — Pas assez longue !

yi. Villemain. — Eh non! le rhylhme et le nombre vous font défaut, vous n'arrivez presque jamais à l'harmonie qui est la première condition du style. Regardez ma phrase : comme c'est ample ! comme c'est fleuri ! comme les incidentes s'y déroulent aisément! là, c'est un fleuve; plus loin, c'est une cascade. Et mes discours, les avez-vous présents à la mémoire? Ils sont machinés comme des planchers de théâtre : par-dessus, c'est tout uni, tout gazonné; semblables à des personnages de ballet, on voit s'y poser, en se groupant, l'Elégance, le bon Goût, l'Allusion en robe do gaze. ^'

Mais, par-dessous, que de trappes, que de poulies, que d'escaliers, quel appareil graissé d'huile et d'expérience ! Etudiez mes discours, mon cher, si vous voulez devenir éloquent. {Il replace un cheteii gris.)

Le Candidat. — Mais, illustre ami, vous oubliez que je ne fais pas de discours, moi. Je ne suis pas un professeur.

M. ViLLEMAiN, marchant. — Tant pis pour vous.

Le Candidat, le suivant. — Je fais des livres.

M. ViLLEMAiN, marchant. — Ce n'est rien, si vous ne savez pas les réciter.

Le Candidat, le suivant. — Ecoutez-moi !

M. ViLLEMAiN. — Non. L'Académie a besoin d'orateurs ; elle est la dernière tribune. Vous n'avez ni organe, ni regard, ni bras. J'aimerais mieux donner ma voix à M. Mélingue qu'à vous. [Il jette un cheveu blanc.)

Le Candidat, consterné. — C'est votre dernier mot?

M. ViLLEMAiN, marchant. — Mon dernier! Allons! je suis plus abondant que cela, vous le savez bien.

Le Candidat, renonçant à le suivre. — Hélas !

M. ViLLEMAiN. — D'ailleurs, qu'est-ce qu'un voix de plus ou de moins? Allez chez Mérimée, il vous donnera la sienne; c'est un auteur de votre école, il est concis, il ne dit rien de trop. Beau mérite!

Le Candidat, avec un soupir. — Adieu, donc.

M. ViLLEMAiN. — Sans rancune, n'est-ce pas? {Il lui serre la main et y laisse un cheveu blanc.)

{Le candidat remonte en coupé et se fait conduire chez M. Cousin. Le tnonologue qu'il exhale pendant le trajet nous paraft trop entaché d'injustice vis-à-vis de AI. Villeniain pour être reproduit ici. Le candidat ne troure ni concierge, ni valet de chambre chez M. Cousin ; il traverse de grandes salles enfumées, où des araignées du temps de la minorité de Louis XIV se balancent mélancoliquemetit au bout de longs fils poudreux. Enfin, il pousse la porte d'un cabinet obscur, encombré de robes, de carquois, de plumets, de dentelles, de nœuds d'épées, de hauts-de-chausses. Seul, dans ce cabinet, un homme, vieux encore, contemple avec attendrissement un portrait ovale. C'est lui, c'est M. Cousin.)

M. Cousin, rêveur. — Qu'elle est belle!

Le Candidat, s'arançant sur la pointe du pied, et toussant. — Hum !

M. CoLSiN, absorbé. — La voilà bien, en costume d'Hébé, une coupe à la main, la gorge un peu bas placée, comme toutes les femmes do condition ; les yeux ni beaux, ni grands, mais d'un éclat pareil à celui des turquoises; un nez camard, à rendre fou d'amour. Ces marques de petite vérole, semées çà et là, loin de diminuer le charme de sa personne, en relèvent au contraire l'éclat vainqueur. Sa taille...

Le Candidat. — Hum! hum!

M. Cousin. — Sa taille est haute et massive, comme il sied aux femmes qui ont la conscience de leur majesté. Il n'y a pas jusqu'à cette tache de lie de vin, qui...

Le Candidat. — Monsieur Cousin...

M. Cousin. — Qui va là? Est-ce vous, d'Hocquincourt?

Le Candidat. — Pas précisément. Je ne suis qu'un importun moderne... la pire espèce des importuns... un solliciteur.

M. Cousin, distrait. — Ahl la reconnaissez-vous ? {Il lui montre le portrait ovale.)

Le Candidat, — Attendez donc...

M. Cousin. — Madame de Motteville en a menti ! Regardez. Il n'y a aucune trace de cicatrice au sein gauche.

Le Candidat. — Aucune.

M. Cousin. — C'est une calomnie accréditée par le petit de Guiche; mais je le confondrai !

Le Candidat. — Et vous ferez bien... Vous savez qu'il y a deux places vacantes à l'Académie française?

M. Cousin. — Vraiment? Il faut les donner à M. le Prince et à Turenne.

Le Candidat. — Ah ! non.

M. Cousin. — A qui donc?

Le Candidat. — A moi, grand philosophe.

M. Cousin. — Etes-vous protégé par Ligdamire?

Le Candidat. — Ligdamire?

M. Cousin. — C'est son nom de précieuse.

Le Candidat. — Je crois que j'aurai l'appui des Débats et du Constitutionnel,

M. Cousin. — Pouah! qu'est-ce que vous dites? Qui êtes-vous? Comment êtes-vous entré ici? Vous voyez bien que je travaille. (// baise le portrait ovale.)

Le Candidat. — Excusez-moi, grand philosophe...

M. Cousin. — A qui parlez-vous? où voyez-vous un philosophe ?

Le Candidat. — Comment, vous n'êtes pas...

M. CorsiN. — Eh non! mille fois non ! c'est mon ancien libraire Ladrango qui fait courir ce bruit. Je ne suis que l'humble serviteur des grandes dames de la Porte Saint-Antoine, [S'adressaut au portrait oi-ale.) Chère ange ! je te ferai restaurer!

Le Candidat, â part. — Ce n'est pas un académicien, c'est Lindor.

M. Cousin. — Vous êtes encore là?

Lk Candidat. — Oui.

M. Cousin. — Vous êtes indiscret. Adieu, je me retire dans ma chambre à coucher. C'est l'heure où nous goûtons ensemble quelques instants de repos.

Le Candidat. — Xous?

M. Cousin, désignant le portrait ovale. — Elle et moi. Croyez-vous que je voudrais la laisser seule? Revenez un autre jour. J'aurai peut-être des renseignements nouveaux sur elle et sur madame de Montbazon. Défendez-la surtout! (7^ sort et pose un doigt sur sa bouche, en signe de discrétion.)

[Chez M. PonsarJ. Un palais de carton. Un confident essuie les meubles.)

Ponsaud.

Arbate, on a sonné. Sache, bon domestique, Quel flot de visiteurs inonde mon portique. Va, cours, vole et reviens.

Arbate, annonçant.

Un étranger, seigneur.

PONSARD

Qu'il entre, par Junon !

Le Candidat.

Monsieur, j'ai bien l'honneur...

PONSARD

Fais savoir ta patrie et comment l'on te nomme.

Le Candidat.

Je suis un candidat.

PONSARD

On dit client, à Rome.

Le Candidat.

Client, si vous voulez, monsieur Ponsard...

PONSARD

Vêtu Comme tu l'es, mortel, de quel pays viens-tu? De quel mont? de quel val? de quel port? de quel isthme?

Le Candidat.

J'arrive de Chaillot.

Ponsard, avec dédain.

Tu manques d'archaïsme.

Pourtant, prends un fauteuil.

Le Candidat, souriant.

Celui de Salvandy Ou celui de Musset?

PONSARD

Tais-toi, bouiïon hardi !

Ou plutôt réponds-moi. Connais-lu mes ouvrages?

Le Candidat.

Je les appris par cœur.

Ponsard, émerveillé.

Vrai !

Le Candidat.

J'ai tous les courages.

Ponsard.

Alors, que penses-tu de l'Honneur et l'Argent ?

Le Candidat.

Un chef-d'œuvre 1

Ponsard, joyeux.

Les dieux t'ont fait intelligent.

Et Lucrèce?

Le Candidat.

Un poëme égal aux plus beaux marbres !

Ponsard.

Horace !

n L'ACADÉMIE

Le Candidat.

On le croirait signé : Néré Desarbres !

PoNSARD, inquiet.

Ulysse, te plaît-il ?

Le Candidat.

C'est un bas-relief grec.

Ponsard.

La Bourse...

Le Candidat.

Ne renvoie aucun spectateur sec.

Ponsard.

En résumé?...

Le Candidat.

Le tout est simplement sublime.

Augier n'est qu'un plateau, vous êtes un cime.

Ponsard.

Eh ! que dirais-tu donc, ardent à me louer, Si tu pouvais me voir dans mes pièces jouer !

Le Candidat.

Quoi! seigneur, se peul-il? vous chaussez le colhurne ?

Ponsard.

Quelquefois, entre amis, quand vient l'heure nocturne.

LACADLMIE 4.1

Je voulais être aclour; je m'y suis pris trop tard. Pcut-ùtre aurais-je été Frederick ou Têtard ! Aux eaux, le mois doruier,, oubliant l'étiquette, J'ai d'Alfred de Musset emprunté la raquette. Pourquoi pas? J'ai joué dans deux pièces, heureux De donner la réplique à monsieur Pommereux ! In incident a, seul, distrait mon auditoire : D'un maillot trop fameux qui redira l'histoire? Achille vulnérable autre part qu'au talon, Aix-eu-Savoie a vu craquer mon pantalon. Mais rien ne peut troubler une âme inaccessible, Et j'obtins un succès, ce soir, d'inexpressible.

Le Candidat.

0 grand homme ! ainsi donc il nous faut désormais T'udmirer doublement et par tes deux sommets !

PONSARD

Mon hôte, la louange est une riche estrade. Tu n'auras pas ma voix : elle est à de Laprade ; Mais puisque vers mon seuil l'a dirigé le ciel, Suis-moi. Je veux l'offrir des gâteaux et du miel.

{Ils sortent, suivis de deux esclaves thébains qui jouent de la fliUe.)

a L'ACADÉMIE

[Chez M. Viennet. Les bustes de La Fontaine et de Boileau- Despréaux ornent l'antichambre. On y voit aussi h portrait de feu Dorlanges, représenté en spencer, par feu Valsain.)

Une vieille servante. — Monsieur est chez lui, mais je ne crois pas qu'il puisse vous recevoir en ce moment.

Le Candidat. — Oh ! pourquoi donc?

La vieille servante. — Il est sur le Parnasse.

Le Candidat. — Comment 1 sur le Parnasse ?

La vieille servante. — Eh oui ! il enfourche Pégase.

Le Candidat. —J'entends; il écrit.

La vieille servante, avec hauteur. — Non, monsieur : il chante !

Le Candidat. — C'est ce que je voulais dire.

La vieille servante. — Si pourtant vous voulez me donner votre nom...

Le Candidat. — Annoncez un amant des neuf sœurs !

La vieille servante, avec une révérence. — Que ne vous faisiez-vous connaître tout de suite? M. Viennet y est toujours pour les troubadours, ses confrères.

Le Candidat, à part. — J'aurais dû apporter un luth. C'est une faute.

M. Viennet, entrant, vêtu d'une douillette de soie feuille-morte. — Mon oreille avait cru reconnaître la voix de Doliban. C'est singulier comme je vois partout Doliban depuis quelques jours. Eh mais! je ne me trompe pas, c'est le jeune Versac.

Le Candidat. — Vous faites erreur, maître.

i;acadi:mie \o

M. ViKNNET. — A moins que ce ne soil lo petit Floricourt ou le sémillant Belval.

Le Candidat. — Ni l'un ni l'autre. Je ne suis qu'un inconnu ; mais si vous voulez me permettre d'attirer vos yeux sur quelques-uns de mes livres, il me sera doux de vous en faire hommage, comme au plus grand poète de notre siècle. 7/ femct â M. Viennet pîusieurfi volumes.

M. ViE.NNET, déployant uti lorgnon à deux branches du temps des galeries de bois. — Des opuscules !

Le Candidat. — Humbles fruits de mes loisirs!

M. ViEN.NET. — Jeune homme, je ne sais si je me trompe, mais vous devez avoir le feu sacré !

Le Candidat. — Suivre vos traces glorieuses est le plus ardent de mes souhaits...

M. Viennet, se drapant. — Eh I eh ! vous n'êtes pas dégoûté. J'ai eu mon Capitule, tel que vous me voyez; et certaines de mes fables ont fait trembler Louis-Philippe sur son trône! On dit à présent : Viennet par ci, Viennet par là, bonhomme, brèche-dent, ganache (oui, je sais qu'on m'appelle ganache) ! Mais apprenez que Viennet a été plus audacieux, plus incorrigible et plus anti-académique que vous tous; Viennet a eu le diable au corps, lui aussi ; quelques-uns de mes bons mots et quelques-unes de mes épigrammes sont chaque jour dans votre bouche, sans que vous vous en doutiez, enfants; et c'est être trois fois injuste de ne me tenir compte aujourd'hui que de mes rhumatismes !

Le Candidat. — J'ai toujours été le premier à constater que Minerve parle par votre bouche.

M. Viennet. — Restez dans les bons errements.

jeune homme. Voyez-vous, on no fera jamais mieux que le Lutrin...

Le Candidat. — Et que VEpUre aux Mules.

M. ViEiN.NET, flatté. — Ah ! vous avez de la mémoire !

Le Candidat. — C'est bien naturel.

M. ViENNET. — Votre génération n'est pas de cet avis sur mon compte.

Le Candidat. — Dame ! vous l'avez un peu malmenée, convenez-en.

M. ViENNET. — N'ai-je pas eu raison? Des jeunes gens qui ne parlent continuellement que de chevaux et de cigares ! Des femmes évaporées I Une littérature de cimetière et d'infanticide I

Le Candidat. — Vous exagérez peut-être...

M. ViENNET. — Et votre tortueux, votre rocailleux M. Hugo ! Croyez-vous que ce soit là un bon modèle à proposer aux nourrissons du Pinde ?

Le Candidat. — J'avoue que, pour les nourrissons du Pinde...

M. ViENNET. — J'ai fait une fable là-dessus.

Le Candidat. — Comme M. Jovial faisait une chanson.

M. ViENNET. — Intitulée : l'Asperge et le Ver luisant.

Le Candidat. — Le titre est heureux.

M. Viennet. — Je l'ai lue avant-hier à Doliban; il en a été tellement enchanté, qu'il a voulu à toute force en emporter une copie. Je gagerais vingt pistoles qu'il la destine à la folle Hermanco.

Le Candidat, y mettant de la complaisance. — Ah I ah ! ah ! le fripon !

M. ViENNET. — Aimez-vous les fables?

LACADÉMIE 47

Lk Candidat. — Je n'aime que cela. C'est co qui m'euliardil à solliciter vos suffrages pour faire partie du doclo corps.

M. ViE.N.NET. — Autant vous qu'un innovateur. Je vous promets ma voix.

Lk Candidat. — Oh ! merci !

M. ViENNET. — Mais à une condition : c'est que vous allez me signer un papier ou vous vous engagerez à ne jamais faire usage des mots bizarres récemment introduits dans notre langue, tels que : tunnel, railuay, réalisme, ch icocandard. . .

Le Candidat. — De grand cœur ! (// signe.)

M. Viennet. — Jeune homme, je vous prédis une belle carrière !

[Le candidat est ravi; il sort en parlant d'Hélicon et de Permesse. Il appelle son cocher automédon, et, dans son délire, il veut se faire conduire chez le dernier des Lacretelte ; ce n'est qu'au bout d'un quart d'heure qu'il se souvient que les Licretelle sont finis. Il n'y en a plus ! comme disent les restaurateurs ; « mais il vous reste encore des Sacy et des Leijouvé. » Alors, comme il se fait tard, le candidat remet au lendemain ses autres visites académiques.)

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