‹ Les trétaux de Charles MonseletChapitre 28 sur 45 · SCÈNE II LES MÊMES, M. JUUES DE PRÉMARAY · texte numérisé non relu

SCÈNE II LES MÊMES, M. JUUES DE PRÉMARAY

Jules de Prémarav. — Bonjour. (// assujettit son pince-nez et toise le jeune homme pauvre atec sa bienveillance du lundi.)

Edouard Fourmer. — Mon cher collègue, je vous présente monsieur Maxime Odiot, marquis de Champcey d'Hauterive. [Bas au jeune homme pauvre) : C'est Jules de Prémaray, c'est l'auteur des Cœurs d'or.

Lk Jeune Homme pauvre. — Encore un noble?

Edouard Fournier, à Jules de Prémaray. — Monsieur le marquis me demandait à l'instant quelques renseignements sur les nouveautés littéraires.

Jules de Prémaray. — Eh bien ! renvoyez-le à VAmour de Michelet.

Edouard Fournier. — C'est vrai; mais vous-même, mon cher collègue, qui avez été une des célébrités du flon-flon, pourquoi ne diriez-vous pas à M. d'Hauterive votre sentiment sur V Amour en un petit couplet de votre faron?

Jules de Prémaray. — Volontiers. Donnez-moi l'accord.

Air : C'est l'amour.

c'est l'Amour, l'Amour, l'Amour,

Que l'on achète Chez Hachette ; Flûte et tambour

Sonnez pour Michelet et l'Amour /

Que lisent, sans être lancées Par leurs maris, par leurs amants, Les femmes, « divines blessées, »

Dont il peint si bien les tourments ] Que dévore Hermangarde Dans son riche boudoir ?

D'UN JKUNE HOMME PAUVIIK iW

QHemjtortf (n sa mansarda Listtl( chaqui^ soir ?

C'tsI r\imnir, l'Amour, l'Amour, elc.

Qui sait, professeur de caresses.

Tendre à Sinon un bras poli.

Et sur ses gnlnnUs faiblesses Passer l'éponge de l'oubli ?

Qui sait, charmant les heures.

Sommer les laiderons

Beautés intérieures

Et pâles liserons ?

c'est r.Vinour, rVinour, TAmour, elc.

Cherchant aux lacs les demoiselles, Aux jardins les oiseaux moqueurs.

Il s écriait jadis : Des ailes !

Il s'écrie aujourd'hui : Des caurs !

OEil troublé, plume netle.

Il met au même sac

George Sand et Yenette,

Boufjlers avec Balzac.

C'est l'Amour, PAmoui-, 1" Amour, Que l'on achète Chez Uachette; Flûte et tambour Sonnez pour Michelft et PAiiHXir.

Le Jeune Homme pauvre. — Allons, je ferai comme tout le monde -.j'achèterai l'Amour... pour ma bellemère.

JuLE.s de Prémaray. — Bravo !

Le Jeunk Homme pauvre. — Messieurs, je ne veux pas être plus longtemps importun. Je vous quitte, pé-

nétré de reconnaissance. {Dans la rue, à part) : Rendons-nous chez M. Albert de la Fizelière. Je suis en veine. Il me tarde que cet imposteur d'Henri Delaage soit remis de sa blessure, pour le faire flanquer à la porte de l'Hôtel du bon La Fontaine, où il s'est installé malgré moi. {Il marche en fredonnant : C'est l'Amour, l'Amour, l'Amour....)

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