LA SALLE DU PARNASSE. — LE CABINET DES MÉDAILLES
A rextrémité de la salle de lecture, — derrière le bureau de l'employé qui aime tant les images, — on arrive à une petite porte perdue dans un vitrage immense. Dès qu'on presse une pédale du parquet, cette porte s'ouvre et donne accès dans la salle du Parnasse de Titon du Tillet. Là, sur un rocher de bronze, Louis XIY, en costume d'Apollon, fait la grimace à mesdames Deshoulières, de Scudéry et de la Suze, qui ûgurent tant bien que mal les trois Grâces^ Une série de personnages célèbres se déroule au-dessous; Corneille, avec une flamme sur la tôte, a l'ail* d'un chandelier, et Molière est en conversation avec un satyre, — on n'a jamais su dans quel but.
Les frotteurs de cette salle, soit conviction, soit malice, ne manquent jamais d'affirmer aux visiteurs que ces petits bonshommes représentent les conservateurs de la Bibliothèque.
A quelque distance du classique monticule, le portrait d'Aménophis III regarde amoureusement, — avec un œil de face sur une tôte de profil, «^ une peinture ou des papillons s'ébattent dans un champ de lotus.
La salle du Parnasse aboutit au cabinet des Médailles, qui se repose maintenant de la lutte terrible qu'il eut à soutenir avec le Chapitre de Saint-Denis, au
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sujet du fauteuil du roi Dagobert. Le Chapitre prétendait à la possession de fameux fauteuil, que, de leur côté, les administrateurs de la Bibliothèque s'obstinaient à regarder (peut-être témérairement) comme une médaille^ et à vouloir retenir comme tel dans leur cabinet. — Les débats furent longs et vifs; un autre Boileau y aurait vu le sujet d'un autre Lutrin.
Il n*y a qu'une manière de trancher ces différents, elle est vieille comme le monde, et ce fut celle-là que le Musée du Louvre employa. Il confisca à son profit le fauteuil du roi Dagobert, et se contenta d'en envoyer une copie en fonte à ceux qui avaient crié le plus haut^ c'est-à-dire à messieurs du Chapitre de Saint-Denis
Le cabinet des Médailles recouvre un mystère soigneusement caché par tous les employés, mais qu'il est, au bout du compte, utile de dévoiler dans l'intérêt de l'art. Il n'y a peut-être pas à Paris deux cents personnes, parmi les amateurs et praticiens, à savoir qu'au cabinet des Médailles il existe un premier étage, et que ce premier étage renferme une collection excessivement curieuse d'antiquités chinoises, égyptiennes, etc. Pourquoi dérobe-t-on ce musée à tous les yeux? Telle est la question, dirait Shakspeare, ^ en français.
Nous engageons vivement nos lecteurs à insister, les mercredis ou les vendredis, pour visiter le premier étage du cabinet des Médaillés.