QUATRE HOMMES ET UN CAPORAL
duiles, la bande à Cartouche, enfin I Ce n*était pas comme cela de mon temps.
M. Vivier donnant du cor. — Ton, ton, tontaine, tOD, ton.
M. Granier de Cassagnac. — Et la poésie I Des gredineriesl Et Fhistoirel Des turpitudes I Connaissezvous un bon livre, vous autres ? Où y a-t-il un bon livre? A-t-on publié encore quelque chose d'aussi fort que ma Reine des Prairies ou que mes pamphlets contre Jean Racine, cet idiot de Jean, ce crétin de Joan? Voilà des œuvres, cela; cela reste; c'est du granit ; c'est l'honneur et la gloire d'une époque.
Les frères ësgudier. — |^. , î*
(Cest vrai.
M. Granier de Cassagnac. — Voyons, Barbey, vous qui êtes au courant de ce grand désordre intellectuel, combien croyez-vous qu'il reste d'hommes de talent dans notre pauvre patrie?
Barbey d'Aurevilly. — Dame I Trois ou quatre, peut-être cinq... vous, Amédée Renée, Veuillot.
(Et Verdi?
Les frères Esgudier. — j,,^ ,, j*.
(Et Verdi?
M. Vivier. — Taisez-vous I
M. Granier de Cassagnac. — Mettons-en six et n'en parlons plus. Encore ont-ils besoin d'une direction morale que je copapte leur imprimer.
M. Barbey d'Aurevilly. *^ Et vous ferez bien, nom d'un preux I
M. Granier de Cassagnac. — La dignité littéraire s'en va. Il n'y a plus que moi de digne en France.
ut QUÀTBE HOMMES ET UN CAPOBAL
M. Vivier donnant du cor. — Ton Ion, iontaine,. ton, ton.
M. Orânier de Cassagnag. — Moi seul j*ai conservé le gentiment de la pudeur et de la tenue; mon front, quoiqu'un peu bas, a seul gardé le reflet de Tintelligence suprême. Qu*on m'apporte le drapeau de l'art pour que je le baise et que je m'enveloppe dans ses plis! Et maintenant, mes amis, faisons quelque chose de grand et de sacré. Ecrivons des articles en strophes.
1 Ah oui ! en strophes.
Les frères Esgudier. , . ^
t Ah ouil en strophes.
M. Granier de Gassagnag. — Non, pas vous, Barbey et moi, c'est assez.
M. Barbey d'Aurevilly. — Je prends quatre stro-phes à la page.
M. Gramer de Gassagnag. — J'en prends huit. J'aurai l'air d'un poëme.
M. Barbey d'Aurevilly. — Et moi d'une méditation.
(Et nous?
Les frères Esgudier. — , „
' Et nous?
M. Granier de Gassagnag. — J'intitule mon premier article : Silence à VOrgie!
M. Vivier. — G'est très-joli, oui, très-distingué et plein de politesse. Gependant...
M. Granier de Gassagnag. — Gependant quoi?
M. Vivier. — Je préférerais ce titre-là : Eh! dUes, là-bas, est-ce que vous n'allez pas bientôt taire vos becs ?