PREMIER TABLEAU
{Chez M. Paul d^Ivoi^ une table ronde couverte de journaux : le Messager, l'Indépendance belge, etc.)
LE JEUNE HOMME PAUYRE , PAUL b'iYOI
Le Jeune Homme pauvre. — Monsieur Paul dlvoi? s*il vous plaît.
Paul dIvoi. — C'est moi. Je suis occupé.
Le Jeune Homme pauvre. — Ah I
Paul d'Ivoi. — M'apportez- vous quelque anecdote, quelque fait curieux?
Le Jeune Homme pauvre. — Je suis porteur d'une lettre.^
Paul dIvoi. — Donnez toujours ; je vais l'envoyer à l'imprimerie ; cela fera ventre; elle paraîtra ce soir. (n prend la lettre et écrit dessus : Bon à insérer.)
Le Jeune Homme pauvre. — Vous ne la lisez pas?
Paul d'Ivoi. — Pourquoi ? Une lettre, c'est toujours intéressant. J'insère toutes les lettres.
Le Jeune Homme pauvre. — Mais c'est que celle-ci n'est peut-être pas de nature...
Paul d'Ivoi. — Laissez donc ; plus une lettre est intime , plus elle a de succès. D'ailleurs , je n'ai pas le temps d'en prendre connaissance*
tôt LA SEMAINE
Le Jeune Homme pmjvre. —- Elle vous aurait appris le but de ma visite.
PA.UL d'Ivoi. — Eh bieni je l'apprendrai demain par la voie de ma chronique. Un peu plus tôt, un peu plus tard I Â revoir, monsieur.
Le Jeune Homme pauvre , déconcerté. — A revoir, monsieur. (Sur le palier. A part.) Voilà un début qui n*est pas encourageant! Espérons que tous les chroniqueurs ne sont pas aussi occupés que celui-ci. Après cela , peut-être ne me présenté-je pas avec assez d'assurance. Déployons des allures sémillantes et faisonsnous précéder par des ritournelles à la mode.