‹ Les tréteaux de Charles MonseletChapitre 47 sur 112 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

(Le théâtre représente les boulevards. Il est deux heures de Vaprès-midi.)

Bruno, frappant sur Vépattle d'un passant. — Léon ! LÉON. — Bonjour, ma petite vieille.

ut LE DUEL

Bruno. — Batireux vient de me provoquer ; tu m'obligerais d*étre mon témoin.

LÉON. — Tu es fou? Butîreux est mon ami intime ! adresse-toi à Léopold.

Bruno. — n m'a refusé.

LÉON. — Pouriiuoi ?

Bruno. — D part ce soir pour la campagne.

LÉON. — Alors, prends Philippe; tu sais le mot sur lui : le premier des seconds.

Bruno. — Je sais bien ; mais il est au lit.

LÉON. — ren suis fâché pour toi, ma petite vieille ; quant à moi, tu comprends, je ne peux pas assister à regorgement de Butireux. Mets-toi à ma place. [H s'éloigne.)

Bruno, seul, s'essuyant le front. — Dix-sept refiis! Les témoins s'en vont! Ceux-ci ont un emploi dans le gouvernement ; ceux-là se sont Mt une loi de ne se mêler d'aucun duel ; les autres m'imposent pour condition que je ferai des excuses à mon adversaire. Généralement, on trouve que « le dernier des pitres » est trop fort. Je ne m'en serais jamais douté. Trois heures bientôt ! — AUons aux BatignoUes chercher Ernest ; ensuite, je passerai chez Alfred, rue de l'Est. Pourvu qu'ils soient chez eux? — Triste! triste... et surtout bien fatigant I

LB DUEL 2i3

Page 1