‹ Les tribulations d'un employé, vaudeville en un acteChapitre 13 sur 17 · SCENE XVII · texte numérisé non relu

SCENE XVII

BONTEMPS, seul.

Suis-je né sous une déplorable constcllalioii... ou la luiic serait-elle pour moi dans un mauvais quartier ? voyez encore ce qui vient de m'arriver tout à l'heure... à peine suis-je dehors, ayant toujours à mon bras celle maudite tVmme, cette danseuse delà Gaîté, que le ciel confonde... que mon chef de division passe près de moi, nous nous trouvons nez à nez... impossible de me cacher, de l'éviter... quels regards il m'a lancés! j'en ai ressenti un tel coup que je ne pouvais ni avancer ni reculer... mes jambes fléchissaient sous moi... j'ai vu le moment ou sans le secours de la danseuse, je serais tombé au milieu du ruisseau. quelle chute! j'en frémis encore... heureusement que madame Rosalba, fatiguée de me soutenir, a enfin abandonné mon bras ; alors je me suis échappé, je suis accouru tout d'un trait \n?i- C(a"ic\... [Douloureusement.) et sans aller àmon bureau!., j'ai eu le soin de recommander à madame Grinchardde ne laisser monter aucune femme .. je sens que dans ce moment la vue d'une femme me tuerait... quelles tribulations! et tout cela pour un cnfanl qui... ah! mon Dieu... il se bal sans doute en ce moment avec ce M. Piloreau, avec cet homme si terrible! je ressens, un trouble qui m'était inconnu... s'il allait succomber? ahl mon Dieu! mon Dieu ! c'est singulier... malgré moi de^ larmes vicnlioMi mouiller mes v<'ux;.

AiB de Renaud de Montauban.

Gui, je le sens au trouble de mon cœur, Pour cet enfant dont j'adorai la mère , Ce ff ue j'éprouve , est-ce de la frayeur ? Ah ! c'est la tendresse d'un père.

C'est bien cela... car malgré les avis De Filoreau , qui jamais ne fait grâce, J'irais combattre et mouiir à sa place... Vraiment je l'aime cumme un fils.

Oui , je rainie comme mon fils.

Je me sens bien mal... cependant je vais... {It se lève.) Mais, j'entends quelqu'un .. peut-être vient-on m'annoncer un malheur... Edouard... ce cher enfant !

Il retombe sur sa chaire.

SGEIME XVIII.

liOiNTEMPS, EDOUARD.

BONTEMPS, ie lecant lorsqu'il voit Edouard. Il est sauvé!;... ( // se précipite vers Edouard et Le serre sur son cœur. ) Mon enfant! que je suis heureux de vous revoir!., j'étais dans des transes épouvantables... ce duel...

EDOUARD. Comment vous saviez...

DONTEMPS, Oui, mon ami, M. Filoreau m'a tout appris. EDOUARD. Le faquin!., siu- le terrain il m'a fait ses excuses et l'affaire s'est ainsi terminée. . .

BONTEMPS, essuyant une larme. Je suis enchanté!.. {Après s'être remis et d part. ) Un peu de morale à présent; ça ne fera pas mal. (Haut. ) Savez-vous bien que c'est très mal ce que vous avez fait là, M. Edouard...

EDOUARD. Comment donc?..

BONTEMPS. Oui monsieur, votre conduite est très blâmable... aller ainsi exposer vos jours.

EDOUARD. Ne fallait-il pas chfaier cet insolent? BONTEMPS, avec chaleur. Et si vous aviez succombé dans ce combat..

EDOUARD, rtrtH<. Mais, monsieur, à vous cntcndir sermonner ainsi, on vous prendrait vraiment pour mon père...

BONTEMPS, avec emolion et lui prenant la main. Mon cher ami... jugez de l'iiUérèt que je vous porte...

AiB : Dans celte maison à (/uinsc ans.

Quand je vous vois, je sens au cœitr

Une secrète jouissance.

Pour vous sauver de tout malheur,

Je donnerais mon existence ;

Enfin , si j'avais de l'argent.

J'irais de mon pas le plus leste

De vos detl's payer le moulant... {bis.)

Oui, voilà ce que je ressens pour vous, jeune homme ; car. . Ah 1 daignez m'épargncr le reste, (bis.)

BrJsQus-ld, jeune homme...

EDOUARD, d part. Il est vraiment prodigieux.- ■ • mais je ne comprends pas...

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