‹ Les tribulations d'un employé, vaudeville en un acteChapitre 14 sur 17 · SCENE XIX · texte numérisé non relu

SCENE XIX

B0NTEWPS,UNHUISS1ER,ED0UARD, Reçois dans Je fond.

BONTEMPS. Que désirent ces messieurs?..

l'huissier. Le délai est expiré et nous venons.... EDOUARD. Vous faire payer, n'asi-ce pas ? l'huissier. Ou vous appréhender au corps... telle est ralternative. — Etes-vous en mesure.'..

BONTEMPS. Pas encore, messieurs, un peu de patience...

l'huissier. C'est impossible, nous ne pouvotis attendre.

BOi\TEMPS.. Vous ne voudriez pas m'yflliger , affliger un brave jeune homme... vous êtes trop honnêtes gens pour cela...

EDOUARD. Honnêtes gens... à qui croyez-vous donc parlée?. .

l'huissier. Monsieur on peut empoigner vingt ou trente

fois par jour sans cesser d'être un fort honnête homme... il nous faut de l'argent... nous voulons être payés à l'instant même. (J Bontemps. ) Vous, monsieur, qtii êtes le répondant du débiteur payez-nous...

BONTEMPS. Messieurs, je ne suis point un millionnfrire.... je ne ga^ne que iSOft francs à mon ministère...

l'huissier. Qu'est-ce que cela nous fail... payez-nous, \ous dis-je. .. ou nous allons saisir chez vous... tes meubles...

BONTEMPS. Saisir mes meubles'., l'ai-je bien entendu... saisir mes meubles!., il fallait ce dernier coup pour m'achever.,.. saisir mes meubles!., c'est impossible... tuez-moi plutôt, oui tuez- moi, messieurs, mais ne pous.sez parla barbarie jusqu'à me saisir mes meubles, me séparer de mes meubles avec lesquels je vis depuis vingt ans dans la meilleur intelligence... Vous voulez donc que j'aille coucher en garni, que je me ravale à loger à la nuit comme un paria, comme un prolétaire... moi.... un homme établi au quatrième, un citoyen avantageusement connu de sa fruitière et de son commissaire de police, un plumitif du gouvernement!., oh! horreur... j'aimerais mieux m'étendre sur le pavé de la rue et reposer à la belle étoile...

l'huissier. Eh bien ! alors, payez-nous.

BONTEMPS. Il est fatigant ce monsieur, avec son éternel refrain...

ÉDOU.'VBD, s'avançant vers ta fenêtre. Messieurs vous allez être payés.*

BONTEMPS, d Edouard. Auriez-vous de quoi les satisfaire...

EDOUARD, ouvrant la fenêtre. Plus qu'ils ne l'espèrent... laissez-moi faire...

BONTEMPS y effrayé. Que prétendez-vous?..

EDOUARD. Les jeter par la fenêtre... ces messieurs peuvent bien sortir par où je suis entré...

BONTEMPS, arrêtant Edouard. Voilà qui est logique, mais fort brutal... mon jeune ami... modérez-vous, vous m'effrayez, (y^ part. ) C'était bien la peine de ne pas me marier...

EDOUARD. Aidez-moi seulement à les jeter à la porte.

L'Huissier et les reeors se mettent sur la défensitre.

BONTEMPS. Pas de violence, Edouard... pas de violence... on ne gagne rieu de bon avec cela; ce n'est pas dans mon caractère ; quelle esclandre! ah ! si mon ministre le savait !..

ENSEMBLE

Air de Wallacc.

I;BI;IS9IEB et BEGORS. BONTEMPS, ÉDOUABD.

„ 1 . Messieurs, messieurs, de grâce,

Pavei, pavei, de erace , Mtoi. »~ , i e

Ou votre mobilier Ah 1 que ^^^ mobilier

Va quitter celte place Ne quitte pas la place

l'tfur gaguer l'escalier. Pour gagner l'escalier.

" Edouard , Bontcmps, l'Huissier , Retors.

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