SCENE I
3UD. GRINCHAUD, BOMEiVlPS.
BONTEMPS. Comment entamer la conversation?., l'aflaire est délicate à traiter; enfin j'ai promis à ces enfans de m'intéresseï à leur bonheur. . . (Madame Grinchard entre. ) Voyons.. . madame Grinchard... j'ai à vous parler...
MAD. GRINCHABD. Comment nous n'êtes pas encore à votre bureau, M. Bontemps...
BONTEMPS. Je vais y aller... je vais y aller, c'est bon... (D'an ion plus douœ. ) Madame Grifjchàrd, vous avez une nièce qui est jolie...
MAD GRINCHARD. Jo4ie!.. et bonne donc, ah! bonne comme tout... el puis c'est qu'elle a de^ lalens, ma Suzanne. .. elle chante comme à l'Opéra. . elle joue du piaiio comme un ange... dam, c'est fpi'elle a élc proprement élevée tlan.* .^a pension; tenez ,
c^est pas parce que c'est ma nièce, iM. Bontemps, mais on peut ben dire que c'est un vrai bijou qu' c't' enfant là.... (y/ part. ) Mais ous qu'il veut donc en venir, bai qui n'parle jamais des individus de not' sexe...
BONTEMPS. Et quel âge a-t-elle ?. .
MAD. GRINCHARD. Elle aura dix-huit ans au terme prochain.
BONTEMPS. Dix-huit ans...
MAD. GRINCHARD , à par^ Est-ce qu'il aurait faitdes réflexions sur not' conversation d'à c' matin...
BONTEMPS. Songez- vous à la marier ?..
MAD. GRINCHARD, à part. Bon .. nous y voilà... [Haut.) Si j'y songe, M. Bontemps, ça n' me quitte pas c't idée là... mais pour ça, voyez-vous,]' veux un homme qui m' convienne bien, quelqu'un d' comme y faut...
BONTEMPS. Eh bien! j'ai un parti à vous proposer...
MAD. GRINGHARD. Sorait-il possible!., vous, M Bontemps!
BONTEMPS. Sans doute!..
MAD. GRINGHARD. Comment vous voudriez bien. .
BONTEMPS. Oui, madame Grinchard.
MAD. GRINGHARD. Vous me faites bien de l'honneur.
BONTEMPS. Je veux faire le bonheur de votre nièce.. .
MAD GRINCOARD. Vous êtes si bon... qu'on n' peut manquer d'être heureuîc avec vous...
BONTEMPS. En ce cas, je vous fais la demande de la main de mademoiselle Suzanne.. .
MAD. GRINGHARD. Pour voijs ..
BONTEMPS. Je ne m'explique pas d'avantage; voyez si ma proposition vous convient... et venez me rendre réponse à quatre heures, à mon retour du bureau..
MAD. GRINCHARD. Ça sujDTit, M. Bontemps... à quatre heures. {A part.) Il sera mon neveu... {Haut.) Adieu M. Bontemps... à quatre heures... adieu , mon nev... {A part.) Ah! qu'est-ce que j'allais dire ! il faut attendre un peu.
BONTEMPS. C'e.<t convenu...
MAD. GRINGHARD. Convenu... ah ! que ce sera bien!., voyezvous, M. Bontemps, il faudra descendre d'un étage...
BONTEMPS. Laissez-moi donc tranquille!..
MAD. GRINGHARD. Il faudra avoir un joli mobillier bleu céleste....
BONTEMPS. Vt)uloz-?ou<» bien me laisser tranquille!
MAD. GhlNClIARD. Ne pas être rcgardanl j»our la loileUo suitout, parce qu'alors une l'emme... dam, ça s'est vu.
BONTEMPS. Allez au diable?..
MAD. GRINCHARD. D'ailleurs, je vous donnerai mes conseils. . . allons, à quatre heures. . .
ENSEMBLE
AiB : Travailles , mesdemoiselles.
MAD. OBINCnABD. BONTEMPS.
Oui, j'vous donnerai réporse J'attendrai votre réponse,
Et n'vous ferai pas languir, Ne me faites pas languir ;
Ohl ça n'pès'ra pas une once. Heureusement tout s'annonce.
{A part.) {A part.)
Il s'ra mon n'veu , quel plais'r ! Pour ces c-nfans quel plaisir !
MAD. UBINCBARD, à part.
A quatre heur's devant ma loge Quand je le verrai passer , Sans attendr' qu'il m'interroge , Je courrai rit' l'embrasser,
[Parlé. ) Ça le flattera joliment,
Reprise de ^ensemble.
Madame Grinchard sort .