LB8CAR0L
Oui, il a été plutôt vif, vot' cam'rade.
dcbar£g£.
Mais tous deves reconnaître que, de son côté, monsieur DuTiyier...
HOUTONNBT.
Nous ne reconnaîtrons rien du tout!
LEscAROL, à part.
Mais c'est un souavel {Haut.) Nous ne reconnaîtrons rien de rien. (Regardant de nouveau autour de luif à part.) Ah! je Tat laissée de l'autre côté. (Il sort furtivement parla droite.)
DUBARÉGE, bos à Alfred.
Oh! il faut changer de jeu. (Haut.) Mon Dieu, messieurs, nous comprenons très-bien votre indignation, mais nous espérons que notre ami la comprendra pareillement, et qu'il daignera reconnaître ses torts.
MOUTOnifET.
Gomment, daignera? (Il cherche leecarol des yeux.) Tiens, où est-il donc? {Lescarol rentre aïoec la cave.) Ah! ie voilà!
DUBARÉOE, t^inelinant. Qu*il reconnaîtra ses torts et qae vous voudrez bien vous contenter...
HouTONNETy sc levant.
Du moment qu'il reconnaîtra. ••
ALFRED, bas.
Tenez ferme..;
HOUTONNET, baS.
Ah! il ne faut pas encore... (Haut.) Non, messieurs; cela ne saurait nous suffire...
ALFRED, debout et lui poussant le coude.
Il me semble, pourtant...
MOOTONNBT.
Non, vous dis-je!
ALFRED, bas.
Parfait!
DUBARÉGE, btts à Alfred,
Quel enragé ! {Il reporte sa chaise à gauche.)
ALFRED, haut à Moutonnet, Fort bien, moDslear; H n*y a donc plus, alors, qu'à déterminer le choix des armes et du terrain.
MOUTONNET
Vous dites?
ALFRED, bas.
Il faut sauver les apparences. (IZ va porter sa chaise au fond, à gauche. )
MOUTONNET, dc même.
C'est juste! (Haut,) Ce choix nous appartient, messieurs; et nous prenons...
LESCAROL.
Nous prenons tout, messieurs ! nous prenons tout 1 (Il boit,)
MODTONNET, fUTiCUX.
Comment!... il est allé la rechercher! [Il va remettre sa chaise au fond, à droite,)
DUBARÉGE.
Enfin, vous choisissez ?...
LESCAROL.
Le sabre !
DUBARÉGE.
Comment, le sabre?
MouTONNET, redescendant.
Mais, tout ce que vous voudrez, messieurs; le sabre, lé chassepot, tout ce que voudrez!
LESCAROL, à part.
Il est esplendide ! . . . A votre santé ! (Il lui offre tmpetit verre.)
MOUTONNET, entraîné, A la vôtre... (A part.) Ah! c'est trop fort ! (Il reverse le verre dans un carafon,)
LESCAROL.
11 remet le rhum dans le kirsch?... ça ne fait rien ! ça fera du mêlé! (Il secoue le flacon.)
DUBARÉGE, s*avançant, à Moutonnet. Voyons, messieurs, je trouve, pourtant, que des regrets bien sentis...
MOUTONNET
Des regrets?
ALFRED, avec des signe.
Non!... des excuses!
MOUTONNET, répétant.
Non!... des excuses!
26 LES TRIBULATIONS DlJïf TÉMOIN
DUBABÉGE.
Eh bieni puisque vous l'exigez...
LESCAROLy criant.
Des excuses, plates, alors !...
MOUTONNET
A plat rentre \,.,Et eoram populo .
LESCAROL, épouvanté.
Hein!... monsieur Moutonnât !..•
MOUTON NET
Cest du latin.
LESCAROL.
Ah! TOUS m'avez ftU peur. (Il boit.) MOUTOiiNET, à part.
Mais il n'en laissera dono pas une goutte! (Il prend li tave sous son bras,)
ALFRED, froidement. Fort bien, messieurs; il suffit... (Il s'incline, se dirige vfrs le bureau et se met à écrire.)
MouTONNET, qui Va regardé avec une certaine inquiétude. Ah! j'y suis!... ce sont les excuses. (A Lescarol.) Il ré* dige les excuses.
LESCAROL.
Oui; tout porte à croire qu'il dirige les excuses.
PUBARÉGiE; av^ satisfaction^ et passant lentement à Vextrémité droite.
On en est aux excuses!.,, c'est le moment de faire mon menu... (Il prend ses tablettes.) Tête de veau à la Souwarof.*
MOUTONNET
Eh bienI messieurs^ est-ce bientôt fini ?
LESCAROL.
Oui, ça l'est-y, hein?... ça Test-j?
ALFRED^ souriant.
Ça l'est! messieurs; et vous n'avez plus qu'à signer.
MOUTONNET
SI... signer?...
LESCAROL.
Signer, quoi?
* Alfred, Dubarége, Moutonnet, Lescarol.
ALFRED
Ce petit procès-Terbal^ qui constale que tons n'avez voulu accéder à aucun arrangement pacifique, et qu'il ne nous reste plus qu'à nous en remettre au hasard d'une rencontre.
MouTONRfiT, è*iif)ançant.
C'^mment, au hasard d'une...
ALFRED^ baSf en lui présentant la plume.
Signez I je réponds de tout!
MOUTONNIT*
Allons.., {Il signe,)
ALfREDi de lotn^ à LesGàrQl.
A TOUS, naonsieur.
usscAHOL, se grattant roreille.
Ah I il faut que«.. [Il s'avance,)
ALPRED#
C'est indispensable.
LESCAROL.
Je m'en rapporte ft tous pour ce qti^il ; à là«desi8tii$. (Il lui parle bas*)
ALFRED
Ah!
LESCAROL.
Mais je sais écrire, quand la plume est bonne... {ttva pour signer, hésitant encore.) Ëét-ce qu'y a besoin que ça soie moulé...?
ÀtfHÉIïi
Oh! c'est tout à fait inutile.
Ça se trouve bien^ parce que je suis enrhumé. {Il signe en faisant d^s simagrées,., passant là plume à Bubarège,,, en lui faisant le salut militaire.) A vous^ mon petit l DUBARÊGÊ, bas à Alfred,* Mais, ce n'est pas de ça du tout que...
ALFKED^ de mène.
Mais va donc 1 quand je te dis que Je répond» de to<if.
DUBARÉGEi tirdnt sa montre.
11 sera bien tard... Enfin!... [Il signe.) ALFRED, revenant au milieu, en passant derrière le bureau. Maintenant, messieurs, nous n'avons plus qu'à nous re-
^ Alfred; Moutonneti Lescarol, Dubftrége.
tirer et à porter à noire ami, qui noua attend au café voisin, votre ultimatum.. .
LESCAROL.
Monsieur!...
MOCTONNKT.
CVst du latin.
LESCAROL.
On avertit; ils me font des peurs, avec leur latin, DUBARÉGR, vassuré.
Ah ! Il est au café?... Je vais toujours prendre un fruit, moi. (Alfred et Dubarége sortent par le fond après avoir salué Lescarol et Moutonnet,]
SCËNE XII
LESCAROL, MOUTONNET, moiUé content, moitié perplexe; il^ balance son corps en ayant l'air de réfléchir,
LESCAROL, lui donnont une poussée.
Farceur, va,
MOUTOKNET.
Sapeur 1
LESCAROL.
Vous vouliez me faire poser.
1I0UT0NKET«
Moi?..,
LESCAROL*
Dame! pour un homme qui faisait semblant de vouloir plumer le canard, ahl... vous y allez gaiement.
MOUTONNET
Ahl vous trouvez que....
LESCAROL.
Vous avez été de toute beauté !
MOUTONNET
Vous trouvez?... Oui... (A part.) J'ai peut-être même été un peu trop beau; car, enfin...