PICARD, VÉRONIQUE
PICARD, à Véroniquey qui est assise à gavche, en train de pehr une pomme avec son eustache» * Véronique, Véronique ?
VÉRONIQUE
Hein?
PICARD
V*là des fleurs qui n'ont pas d'eau.
VÉRONIQOE.
N'y en a plus dans le tonneau.
PICARD
Alors, voilà un tonneau qui n'a pas d'eau pour les fleurs et il faut le remplir.
VÉRONIQUE
Mais, pour remplir le tonneau^ faut aller à la rivière.
PICARD
Alors^ faut aller à la rivière pour remplir le tonneau.
VÉRONIQUE, se levant.
Gomme c'est agréable 1
PICARD
C'est pas agréable; mais monsieur Tailfer va venir, et tu sais la vie qu'il ferait s'il trouvait ses fleurs à sec.
VÉRONIQUE
En v'ià des fleurs qu'on soigne I
PICARD, venant prés d'elle.
Ah I ce n'est pas pour leur agrément, ni pour celui de * Véronique, Picard.
luoDsieur ; mais tu sais qu'il espère que le chemin de fer passera sur lui.
VÉRONIQUE
Sur lui? le cher homme I
PICARD
Mais noD^ sur sa maison, qui est à vendre; alors il sera esproprié ; et tant plus que son jardiu sera flambant, tant puisqu'il aura d'indemnité; c'est pourquoi il faut arroser, Véronique.
VÉRONIQOB.
Oui^ Je sais bien ; mais je ne i>ense pas qu'il vienne aujourd'hui; tu sais bien qu'il est artificier de son état, et quMl est en train de préparer une pièce montée pour la fête de monsieur le maire, oùsqu*on verra le nom de l'autorité en ▼erres de couleur.
PICARD
Oui, y flatte le pouvoir, eu vue de son idée, et je crois ben qu'il en sera pour ses frais; mais m'faut pas contrarier sa manie. Ainsi, ma fille, faut y aller. (J^ remonte.)
VÉRONIQUE
Mais quand je te dis qu'il ne viendra pas.
PICARD, regardant au fond, à gauche.
Il ne viendra pas? Eh bien, tiens, regarde, comme Une viendra pas; le v'ià déjà !
TÉRONiQUB, remontant à son tour.
C'est pourtant vrai !
PICARD
Allons, allons, va chercher de l'eau ; tu n'as que le temps.
▼ÉRO.«IIÛOB.
Que le bon Dieu le patufiole l (Elle sort par la droite avec deux seaux,