ACTE PREMIER
A PARIS, CHEZ M, MOUTONNËT
Un lalon fonnant magasin d^opliciea. Vitrinei etcasiera contenant des lorgnettes, lunettes, télescopes, etc. Au fond, an milieu, une large fenêtre donnant «ur la me. Une porte dans le fond, aoad à gancbe de cette fenôtre* Portes latérales \ celle de gauche conduisant ii la boutique, et celle de droite & la chambre de Heu* tonnet. Un coffre*fo'rt contre le mur à geuche, premier plan. Uno table ovale à droite. Un buffet, au fond, du môme côté; un petit bureau à gauche.
SCËNË PREMIERS
OLYMPE, FÉLICIEN, pais SOPHÏB.
OLYMPE entre de gauche, suivie de Félicien, — Elle lui fait signe de se taire, et se dirige vers la droite sur la pointe du pied.
pÉuciEN, bas.
Eh bien?
OLYMPE, regardant par la porte de droite.
Il se fait la barbe.
FÉLICIEN
Alors! nous avons le temps.
OLYMPE, allant à gauche.
Maman!... papa se fait la barbe, viens vUe.
SOPHIE, entrant de gauche avec précaution, et venan au milieu de la scène.* Me voici... et voilà mon cadeau!
OLYMPE et FÉLICIEN.
Ob! la belle blague 1
FÉLICIEN
Mol... voici le mienl
OLYMPE
Ob! la belle i^ipe!
* Olympe, Sophie, Félicien.
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OLYMPE
Moi, "voici ma surprise.
FÉLICIEN
Oh lies belles bretelles I
Mals^ c^est trop beau, mon enfant.
OLYMPE^ avec seniimenU C'est qu'en les brodant^ je savais que je traTalllais un peu... pour ma mère,
SOPHIE
Chère enfant I FÉuciEN, déœuvrant une cave à liqueurs qui est sur la table.
Et voici le bouquet I (Les dames se rapprochent vivement de lui.)
SOPHIE
Une cave à liqueurs I
FÂL1CIEN.
Oui^ madame Moutonnet^ une cave... et habitée jusqu'au grenier I Rhum, kirsch , anisette .
SOPHIE
Mais, qui a pu envoyer?...
, FÉLICIEN
Les placiers de la maison... Oh! quand ils ont su que c'était la Saint-Borromée^ il n'y a eu qu'une voix ! et ça se comprend, monsieur est si aimé.
OLYMPE
Ça se comprend^ il est si t^on I (Elle va à la tahle.)*
SOPHIE
Ça se comprend, il est si heureux... ses lunettes vont^ .ses lorgnettes marchent, ses pince-nez s'envolent d'euxmêmes, et sa nouvelle lanterne magique va mettre le comble à notre prospérité I
FÉLICIEN, venant à Sophie.*'^ Le fait est nue c'est rudement beau, la lanterne! On se croirait à TOpera. {Il remonte.)
SOPHIE, à Olympe, Ah! à propos de lanterne, tu sais, tu n^épouses plus monsieur Alfred.
OLYMPE, en train de disposer les cadeaws sur la table. Tiens, pourquoi donc?
SOPHIE
La lanterne nous a éclairés sur ce projet.
• Sophie, Olympe, Félicien.
" Sophie, FéJ»<*ien, Olympe.
OLYMPE
Ahl lalaûterne...
SOPHIE
Oui... et ta épouseras^ à la place^ le fils de monsieur Du\ivier.
OLYMPE
Abl
SOPHIE
Tu n'es pas conteote ?
OLYMPE, revenant en scène. Ce n'est pas que je ne sois pas contente, c*est que je ne le connais pas.
SOPHIE
Un jeune homme charmant^ qui va être reçu avocat, et qui, en attendant, dirige la manufacture de Eon père^ à Sedan... Un avocat, ça vaut mieuiqu'un étudiant en médecine... à perpétuité.
OLYMPE
Monsieur Alfred disait, l*autre jour, qu*il allait avoir fini... son temps; et un médecin...
SOPHIE
Oui! ça a son bon côté; mais on peut ne pas être malade et avoir un procès.
OLYMPE
On peut^ aussi, n'avoir pas de procès et tomber malade...
SOPHIE
Sans doute, sans doute... mais enfin, ton père a donné parole à Duvivier, qui lui a prêté trente mille francs, sans reçu, pour lancer sa lanterne... sans reçu! C'est un beau trait, ça; car monsie^ir Duvivier peut mourir, et nous garderions ses trente mille francs... si nous en étions capables!... Mais, Dieu merci, nous sommes connus sur la place! FÉLICIEN, qui est resté au fond à guetter.
Hum I... voici monsieur.
SOPHIE
Vite, cacbons-nous, pour jouir de sa surprise. (On a mis les cadeaux sur une table, oU étaient déjà les bouquets. ^ Elles se cachent: Sophie dans la porte du fond. Olympe dans la porte de gauche, et Félicien sous la table.)