SCÈNE IV
ALFRED, MOUTONNET, m dehors, derrière la grille d'entrée.
ALFRED, regardant à travers les barreaux.
Un jardin, une maison isolée... nous serioni trè8-bien ici. Justement elle est à louer.
MODTONMET.
Une mairon il louer? l^i bien, entrons. (Us entrent,) mais... s'il y a quelqu'un?...
ALFRED
Ebi bien ! nous nous présenterons comme acheteur?, ec s'il n'y a que des domei^tiques, nous pourrons acheter... leur complaisance.
MOUTONNET
Encore des dëpnnsesl... Ahl si j'avais pu supposer!... {Il s'assied à gauche.)
ALFRED
Qu*avez-T0U8 donc, monsieur Mouton net? vous paraisses contrarié?...
MOUTONNVr.
Il me demande ce que>j*ail Hier matin, Je sors de ehes moi, par la fenêtre, reconduit... par un glaive. Nous arrivons à Yincennes — pan! des gendarmes I —Nous filons, nous prenons deux fiacres... A propos de fiacres, tu les as payés, n'est-ce pas?
ALFRED
Ouï, monsieur Moutonnet, e| c'est mâme 38 francs que vous me devez.
MOUTONKET.
Les fiacres nous conduisent à Nogeat. Pan! nouveaux gendarmes I Nous refilons, et nous prenons le chemin de fer. A Ghampigny...
ALFREDj riant* Autres gendarmes I
MOUTONNET, SB levant.
C'est à croire que quelqu'un a prévenu la police, et qu'elle est à nos trousses I
ALFRED
Dites donc, monsieur Moutonnet, est-ce que, par hasard, ee ne serait pas vous qui l'auriez prévenue?...
* Moutonnet, Alfred.
MOUTONNET, indigné.
Moi ? [Changeant de tan.) Je n'y ai pas pensé. — Nous reprenons le chemin de fer, et nom arrîTons à la Varenne...
AI.FRRD.
C'est alors que le sapeur, votre copin...
MOUTOSNET.
Dis mon tyran !
ALFRED
Cest alors que le sapeur, votre cop,., votre tyran.., a eu la luraineu?e idée que nous sommes en train de mettre à exécution.
MOUTONNET
Quelle lumineuse idée ?... car je ne sais pas encore ?...
ALFRED
Celle de chercher un en4roit clos, où la force armée cessera, enfin, de se mêler de nos petites affaires; et je crois que ce jardin..,?
MOUTONNET
Mais qu'est-ce que nous venons y faiie ?
ALFRED
Je vousT^i dit : Nous venons y terminer...
MOUTONNET
Mais puisque Saint-Romain doit faire des excuses, à quoi bon nous promener comme ça ?
Ah! oui; mais vous savez ce que je vous ai dit: il ne s'exécutera qu'au dernier moment; quand il verra, devant ^ lui, le canon d'un pistolet.
MOUTONNET
Alors, procurons-lui ce coup d'oeil le plus vite possible, et finissons-en l car je te déclare que, si ça dure encore un quart d'heure, je prends mes cliques et mes claques, et bonsoir la compagnie!...
ALFRED
Vous n'aurez pas cette peine, monsieur Moutonnet. Mais, un dernier mot, pendant que nous sommes seuls : vous ne voulez toujours pas me donner la main de voire fille ?
MOUTONNET
Mais, mon ami, je l'ai déjà expliqué... (Passant à droite.) Et, d'ailleurs, ce n'est pas le moment de parler de ce genre d'affaire, que diable! quani nous sommes sur un volcan!
ALFRED
C'^st bien, monsieur Moutonnet, n'en parlons plus. (A part.) Mais il faudra bien que nous en recausionsi