SCÈNE YIII Les Mêmes, TAILFER^ suivi de PICARD
PICARD, dans le fond, à Tailfer.
Les voilà» monsieur.
TAILFEB.
Très-bien. (S'avançant au milieu d'eux et saluant, le sourire aux léores). Messieurs.. .*""
TOUS, saluant d'un air étonné.
Monsieur...
LESCAROL.
Qu'est-ce que c'est que celui-là?
TAILFKR.
Messieurs^ croyex que je suis heureux... bien heureux de...
MOUTONtlET.
Allons, bon! Pardoo, monsieur^ nous sommes occupés...
LESCAROL.
Oui, et si vous voules repasser une antre fois...
TAILFEB, un peut interdit.
Comment repasiter?.,.
MOUTONIIET.
D'abord, qui êtes tous?
DUBARÉGE.
Oui, qui êtes vous?
TAILFER.
Qui je suis?... mais je suis le nommé Tailfer... artificier à laYarenne...et...
LESCAROL.
Eh bien, qu'est-ce que vous demandez?
* Alfred, Saint-RomaÎD, Dafivier, Lescarol, Moutonnet^ Dubarége.
** Alfred, Saiat*Romaia, Dubarége, Tailfer, Lescarol, Moatonnet, Davivier. •
LB8 TRIBULATIOIfS D'UN TÉMOIN 40
TAILFER.
Mais... TOUS le savez aussi bien que moi, messieurs; je demande une indemnité.
LESCAROL.
Ah! messieurs c'est un pauvre ! (Tout le monde se fouille peur lui donner,)
TAiLFER^ continuant.
Pour le cas où je serais exproprié de cette juiie maison, que je tiens de mes pères.
Tous^ les uns avec joie, les autres avec dépit. Le propriétaire I
TAILFER.
Vous la vo^ez, messieurs; elle n'est pas grande; mais si commode!... si bien distribuée! — Et puis un iardin qui regorge des fleurs les plus rares... et les plus chères... LESCAROL^ à part.
Le fait est qu'ils n'en manque pas. (Lescarol se met à ceuilHr des fleurs à tort et à ^roi^ers.)
TAILFER.
Mais, pardon ; je vous dérange de vos fonctions, aussi utiles que pénibles^ par cet ardent soleil... et...
MOUTOMNET.
Oh ! pénibles, tant que vous voudrez ! quant à être utiles.. .
TAILFER.
"Vous êtes trop modestes^ messieurs! La profession de géomètre...
Toosy se regardant.
Géomètres?...
TAILFER.
D'arpenteurs...
Tous^ de même.
D'arpenteurs?...
LESCAROL^ qui est occupé à faire un bouquet, s*avance vers le groupe de gamhe.
Mais, c'est pas Dieu possible^ il a un verre de vin dans la tête!
TAILFER, désignant LescaroL 11 se peut que monsieur ne soit pas de la partie ; mais ces messieurs sont^ évidemment... des ar... (Lescarol va terminer son bouquet dans le fond à droite.) ALFRED^ riant.
Des arpenteurs?...
TAILFER.
Damel
ALFRED
Ëh bieni puisqu'il fdut tout vous dire, vous voyez une so-
5Û LES TniÊULATIONS Î)*CN TÉMOIN
ciëté qui auae affaire d'honneur à vider; nous avons choisi votre jardin pour ne pas être dérangés par les gendarmes; cl, si vous voulez nous faire le plaisir de vous éloigner un instant...
TAILFER.
Hein?... Gomnient, vous êtes...? ou plutôt vous n'êtes pas... ? Ah! mais alors, messipur?, de quai droit avez- vous pénétré dans ma propriété ? [Apercevant les pistolets sur le banc, à gauche,) A main année f et, sans doute, avec escalade et effraction !
ALFRED, s*avançant.
Pardon, monsieur, mais... (Dubarége et Saint-homai?! ^ remontent,)
^ TAILFER.
Oh! mais le cas a été prévu pur h loi ! Je vous traînerai ^ devant les tribunaux !
MODTONNET.
Plaît-il?
TAILFER.
En police correctionnelle !
MOUTONNET
En po...po...
TAILFER.
En cour d'assises.
MOUTONNET
En cour d'à... d'à... {Il chancelle.)
LEscAROL, qui cst revenu à droite, le faisant asseoir, Assisez-vous, monsieur Dontonnet, asrisez-vous î
Eh bien, c'est gentil! Et le jour de ma fête l LESCAROL, avec éclat.
C'est votre fêle, monsieur Dontonnet? Alors, permettezmoi de vous la souhaiter bonne et heureuse ! (Il lui donne le bouquet.)
TAILFER.
Comment! et mes fleurs aussi?... (Il arrache le bouquet des mains de Moutonnet.) Mi belle Louise-Margotin I... Ah ! mais vous me la payerez I... Je cours chercher 1 auloiité, la force armée... la maréchaussée ! (Il sort en courant par la grille.)