‹ Les tribulations d'un témoin: pièce en trois actesChapitre 26 sur 41 · SCÈNE IX Les Mêmes, moi7is TAILFER · texte numérisé non relu

SCÈNE IX Les Mêmes, moi7is TAILFER

ALFRED, riant. * Eh bien ! en voilà une histoire !

* Saint-Romain^ Alfred, Dabarége, Ouvivier, Lescaroi, Moutonnet.

LÈS tïlIBULATtONS D'UN TÉMOIN Ôl

DDBARÉGE, descendant un peu.

Ma foi, messieorF, je crois qu'après ce qai vient de se passer, nou* n'avons plus qu'à... (Il fait h geste défiler.)

ALFRED

C'est évident, nous n'avons plus qu'à ôler.., #

Tous^ avec joie, excepté Lescarol.

Ahl (Ih remontent.)

ALFRED, finissant sa phrase.

Sur Montereau !

MouTONNET, bondtssant.

Gomment sur Montereau! Je suis ici, et je n'en bouge plus ! (Il s* asseoit.)

ALFRED

AU fait-, monsieur Moutonnet a raison^ messieurs... Le temps que ce brave homme aille à la Varenne et qu'il en revienne, c'est plus qu'il n'en faut pour en finir.

MOTITONNET.

Eh bien! soit! mais tout de* suite I

ALFRED

Vite, la poudre, monsieur Moutonnet !

MOUTONNET

La poudre, monsieur Dubarége !

DUBARÉGE.

Mais c'est vous qui l'avez I...

MOUTONNET

Moi? Ah ! oui, c'est vrai. [Il tire en cachette un cornet de sa pochsy l'ouvre par derrière et en laisse tomber le contenu auprès de la serre ; à part,) Au fait, c'est encore plus simple. (Haut,) Allons, boni la poudre est renversée I

DUBARÉGE.

Plus de poudre? Je crois qu'après cela.. .

LESCAROL, descendant au milieu.

Minute I ^'ai apporté, à tout hasard, quelques cartouches, et les voici. Donnez-moi des balles, parce que celles-ci sont trop conséquentes 1

DuviviER, à Moutonnet, Les balles, Moutonnet? (Bas,) Tu sais?

Les balles... ahl oui... les voici. (Lespassani à Lescarol,) Chargez...

LESCABOL.

Hein! des balles de...

MOUTONNET, haS,

Chut î c'est convenu avec les autres, (Il $*éloigne,)

62 LES TRIBULATIONS D*01l TÉMOIN

ussGAROL, à part.

Plus souveot que je tremperais dans une pareille gabgic t ÀLFRBDy bas à Lescaroly de Vautre côté, lui donnatii des

balles.

Vous comprenez?... Chargez l {Il remonte.)

lescârol, à part.

Et lui aussi? Eh ben ! en v*tà des pratiques I (Il pause à gauche et prend les pistolets.) Voyons donc, ils ont la bouche Jargt». (Il prtnd à la dérobée les balles de plomb et jette celles de liège.) Juste comme un gant. (Il charge; les autres sont au fond.)

MouTONET^ assis à droite .

De pareilles tribuldUons I le jour de la Saint-paromètre, de la Saint-Bora... de la Saiut-Baro... Ahl je ne sais {4u8 ce que je disl...

ALFRED^ s'approchant.

Monsieur Moutonner, j*ai un dernier mot à vous dire...

MOUTONNET

Parle^ mais parle vite...

ALFRED

Monsieur Moutonnet, voulez-vous^ pour la dernière foi^ m'accorder la main de votre fille?

UOUTONKET.

Gomment, c'est pour ça que... Non.., mille fois non! .

ALFRED, à mi'Vfiiœ, Vous savez que je puis encore arranger Taffaire ?

MOOTONNET.

Ça m'est égal !... va te promener.», (A part.) Il y a du liège!...

LBSCAROL.

C'est fait, voilà. (Il donne les pistolets aux deux témoins, Dubarége et Moutonnet.) Maintenant, placez les adversaires dos à dos.

MOUTONNET, à Duvivîer.

Allons, mon ami, viens le mettre... (Ils se placent dos à. dos ; Saint-Romain et Dubarége se tournent vers la gaucAe, Duvivier et Moutonnet de l'autre côté.)

LESCAROL.

Et rappelons-nous ce que nous ons dit : on va marcher chacun dix pas devant soi; ensuite, monsieur (il désigne Alfred, qui est à Vavant-scéne , à gauche) frappera trois coups dans sa main, et alors ou marchera l'un sur l'autre.

à volonté, et l'on tirera à discrétion. En avant, marche I [Ils marchent en comptant les ms et disparaissent dans la coulissBf à droite et à gauche,) Paltel demi-tour ! (les té' moins reviennent en scène ; Dtibarége va rejoindre Alfred ; Moutonnet vient à Lescarol, qui est à l'extrême droite,)

ALFRED

Vous y êtes? LESCAROL^ après avoir essayé d'allumer sa pipe avec des allu^ mettes, il ramasse un morceau de papier près de la serre et rallume pour faire prendre feu à sa pipe.

Et j'ose dire que ça va t*être rigolo I

ALFRED

Un^ deux» trois! Marchez!

MOUTONNBT, à Lescarol.

Rigolo?... ahl je comprends I à cause du liège !

LESCAROL, allumant sa pipe.

Du tout!... papa n'est pas venu ici pour faire joujou, j*ai mis du plomb !

MOUTONNET et DUViviEH, qui Ont entendu.

Du plomb!... Arrêtez !... (Lescaroljette son papier enflammé dam la serre au moment où les adversaires entrent en scène, — Explosion du feu d^artifice, — Au bruit de l'explosion, Jhmvier et Saint-Bomain tombent la face contre terre, en tournant chacun la tête vers la coulis&e. Dubarége se sauve par la gauche, deuxième plan, Alfred l'imite.)

MOUTONNET, courant à Duvivier.

Blessé! que faire?... Ah! une clef dans le dos! on dit que ça arrête le sang. (Il lui met la clef dans le dos.) LESCAROL, regardant Saint^Romain, Fricassé, pareillement !

UOUTONNET.

Oh! cachons ça ! cachons ça !

LESCAROL.

Mais, avec quoi ?

MOUTONNET

Tenez, avec ces paillassons ! {Ils les cachent avec les paillassons qui étaient contre la serre.)

PICARD, voyant les cadavres.

Oh !.. • (1/ fait un signe au dehors,)

Maintenant, mon petit père.., Oh 1 un tricorne qui vient de ce côté I... Filons!

54 LES TRIBmiATIOPrS D*ON TÉMOIN

HOUTORRET.

Mais^ par où ?

ALFRED, revenant de la gauche, traverse la scène. Par-dessus le mur ! [Il disparait derrière la serre,)

LESCAROL.

C'est ça l [Il le suit.)

MOUTONNET

Mais Je ne pourrai jamai:} I Sapeur, aidez-moi.

LESCAROL, de la coulisse.

Âh 1 cbacua pour soi, mou bonhomme. (Il disparait pardessus le mur.)

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