XXXV
MONOGRAPHIE
par se faire, de leur habitude, un titre pour pénétrer dans la salle d’audience, les jours oü n’y entre pas qui veut, et y choisir les meilleures places ; il en est qui, pour avoir mieux leurs aises, s’installent jusqu’aux bancs des avocats, et on a même, un jour, expulsé du banc de la presse un de cesauditeurs qui, invité à nommer le journal dont il était le représentant, répondit qu’il appartenait à la rédaction de l'Indicateur des Chemins de fer. Ces fidèles sont les cicerone de leurs voisins de banquette pour qui les débats judiciaires sont chose nouvelle; ils leur désignent les avocats célèbres, leur disent le caractère sévère ou rigolo du président, leur nomment jusqu’aux huissiers avec qui ils sont au mieux, ët les gardes du Palais à qui ils donnent des poignées de mai», et ils annoncent d’avance, grâce à leur vieille expérience, la peine probable qui sera prononcée dans telle ou telle affaire.
C’est l’un de ceS importants personnages qui, à cette question : Monsieur est homme de loi? répondait avec une satisfaction visible: Mon Dieu... je suis homme de loi... sans l’être précisément.
DE LA POLICE CORRECTIONNELLE. XXXVII