‹ Les tribunaux comiquesChapitre 11 sur 73 · LLS DEBUTS DE L’AVOCAT · texte numérisé non relu

LLS DEBUTS DE L’AVOCAT

C’est à la police correctionnelle qu’après avoii luffisamment cultivé le jus romanum et 1 9 jus de

MONOGRAPHIE

houblon, le jeune licencié, investi du titre de maître, qu’il partage avec maître Corbeau, ouvre un large bec pour faire entendre sa belle voix en faveur d’un vagabond ou d’un ivrogne, son premier client, puis, agitant, à l’instar du grand Lachaud, son bras tendu en avant, comme pour faire sortir des flots d’éloquence de sa manche oratoire, débute à peu près en ces termes dans la carrière du barreau :

a Ce n’est pas sans une vive émotion que je prends la parole pour l’infortuné qui a bien voulu me confier le soin de défendre sa considération et sa liberté. Voici un certificat attestant que, depuis vingt-cinq ans, il est fidèle au même perruquier par qui il s’est toujours fait faire la barbe avec honneur et probité, etc., etc. »

Et après plusieurs années passées vainement à attendre des clients plus sérieux, l’avocat sans causes abandonne une carrière ingrate, en se disant, comme André Chénier : Et pourtant j’avais, quelque chose là ! Ce qui est possible, si c’est son front qu’il montre, mais ne pourrait pas s’appliquer justement s’il désignait du geste sa serviette, dans laquelle il n’y a jamais rien eu.

DE LA POLICE CORRECTIONNELLE

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