LES ÉCONOMIES DE BOUTS DE CHANDELLE
Le prévenu. — J’ai été dans l’état.
M. le président. — Mais il faut des moules pour fabriquer les bougies.
Le prévenu. — J’en ai fait faire un ; alors, avec du coton que j’ai acheté, le soir, dans ma chambre, je fondais les bouts, et...
M. le président. — Nous comprenons.
Le tribunal délibère.
Le prévenu {se frappant le front). — Ah !
M. le président. — Qu’est-ce que vous avez?
Le prévenu. — Je sais qui est-ce qui a vendu la mèche, c’est l’ouvrier ferblantier qui m’a fait le moule.
M. le président. — Taisez- vous.
Le tribunal condamne le fabricant de bougies à quatre mois de prison.
Le prévenu. — Je te dirai deux mots à toi, ferblantier.
LE POLICHINELLE
Dans la catégorie des raseurs, il faut classer le monsieur de province ou de banlieue, qui n’aimc pas à se déranger et, chaque fois au’un de ses amis va à Paris, le charge de lui rapporter un objet quelconque qu’on ne trouve pas dans la localité. Tel est M. Maricot. Le rasé jusqu’au sang, c’est M. Boguenard.
Voulant s’affranchir une bonne fois des com-
LE pnr.irHiNRt.i e
missions de son ami, il a, un beau jour, si bien fait les choses qu’il en est résulté une scène qui amène devant la police correctionnelle, lui d’abord, puis M. Maricot, Léon son fils et un polichinelle.
Le papa s’avance à la barre, accompagné de Léon pendu à son paletot.
M. le président. — Levez la main !
Le papa lève la main et le petit garçon en fait utant.
M. le président. — Vous jurez de dire la vérité, toute la vérité et rien que la vérité ?
M. Maricot. — Je le jure.
Léon. — Ze le zure.
M. Maricot. — Tais-toi donc, Léon.
M. le président. — Exposez au tribunal les faits dont vous vous plaignez.
M. Maricot. — Messieurs, qu’il me soit permis, avant tout, de dire qu’il n’est pas possible de faire une aussi mauvaise plaisanterie que celle dont M. Boguenard m’a rendu victime. Je suis resté veuf, il y a un an, avec mon fils Léon que voici, qui avait alors quatre ans, et qui aujourd’hui, par conséquent, en a cinq.
Léon. — Ah oui, mais z’en ai même encore plus que cinq ans.
M. Maricot. — Chut! tais-toi donc.
M. le président. — Votre petit bonhomme
LE POLICHINELLE
pourrait rester au banc où vous étiez assis ; reconduisez-le à sa place.
M. Maricot. — Va t’asseoir là-bas.
Léon. — Non, ze veux voir.
M. Maricot. — Alors, tais-toi, ou le monsieur va te mettre en prison. ( A u tribunal .) Il a cinq ans et un mois, mais ça ne fait rien au procès. Si bien que j’habite Saint-Denis, et que j’avais pour voisin et ami M. Boguenard, ici présent au banc des accusés. Comme je vais fort rarement à Paris, et que les affaires de M. Boguenard l’y appellent fréquemment, je le chargeais de temps en temps de quelques achats de première nécessité.
M. Boguenard. — De première nécessité!... Un polichinelle pour M. son fils, et tous les jours, tous les jours...
M. le président. — N’interrompez pas.
M. Maricot. — J’y arrive au polichinelle.
Léon. — Ze le veux, mon poricinelle.
M. Maricot. — Si tu ne te tais pas, tu iras en prison, ou tu périras dans le fin fond des gendarmeries. [Au tribunal.) Depuis longtemps mon petit garçon me tourmentait pour avoir un polichinelle; j’en avais bien trouvé à la fête du Landy; mais rien de convenable ; j’étais bien décidé à mettre une pièce de 5 franes. Je prie donc M. Boguenard de m’en acheter un beau, soit chez Giroux. soit au Paradis des Enfants, sans lui fixer de
LE POLICHINELLE
prix, lui recommandant seulement de le prendre bien habillé, bien articulé.
Léon. — Et qu’il aye de l’or dessus.
M. Maricot. — Le lendemain, M. Boguenard arrive chez moi, portant sous le bras la boîte que voici. {Le témoin va prendre une boîte qu'il avait laissée à sa place.) « Voilà, me dit-il, le polichinelle de Léon. » A ces mots, Léon se met à crier : « Donne! donne! » M. Boguenard, alors, ouvre la boîte, et en tire le magnifique polichinelle que voici. {Le témoin tire un polichinelle plus grand que son fils.)
Léon. — Donne! donne!
M. le président. — Voyons, serrez cela; vous troublez l’audience.
Léon. — Hi! mon poricinelle, ze veux mon poricinelle.
Malgré ses cris, Léon est reconduit à la place qu’il occupait dans l’auditoire, le polichinelle est serré dans sa boîte et le papa peut continuer sa déposition : D’un coup d’œil, dit-il, je vis que M. Boguenard m’avait joué un mauvais tour; le polichinelle remuait les yeux, la bouche, était admirablement articulé; je me disais : il coûte au moins un louis ; à ce moment, M . Boguenard me présente la facture ; je bondis ; le joujou était de So francs ! J’étais furieux : c’était me dire : une autre fais îu ne me chargeras plus de tes commissions...
LE POLICHINELLE. 7
M. Boguenard. — Mais ça ne voulait pas dire autre chose.
M. le président. — Enfin, arrivons donc à la cène.
M. Maricot. — J’y suis, monsieur le président, e dis nettement à monsieur qu’il m’avait fait une nauvaise plaisanterie et que je lui laissais son polichinelle pour compte. Monsieur s’emporte; mor fils criait de toutes ses forces qu’il voulait son polichinelle ; M. Boguenard m’invective; je veux le mettre à la porte; alors il empoigne le polichinelle par les jambes et me le flanque de toutes ses forces à travers la figure. Je m’élance sur monsieur; il m’allonge un formidable coup de poing dans le nez, en me disant : « Je vous fais cadeau du polichinelle. » Ne voulant pas de cadeaux, j’ai gardé le polichinelle, je le donnerai à mon fils quand il sera grand.
M. Boguenard. — Quand il sera marié.
Léon (de sa place). — Non. Ze le veux à présent, na !
M. le président. — Voyons, monsieur Boguenard, vous reconnaissez le fait?
M. Boguenard. — Je ne le nie pas; je dis seulement que monsieur est souverainement ridicul-î avec ses commissions; il croit que je n’ai que ceU à faire, et comme il a dix ou douze mille livres d-<
rente, j’ai voulu le dégoûter de me charger de ses
LE POLICHINELLE
achats. Son refus de me payer m’a exaspéré. Je regrette ce qui est arrivé, mais je n’ai pas été maître de moi.
Le tribunal condamne M. Boguenard à 25 francs d’amende.
Léon. — Je veux mon poricinelle.
M. Maricot. — Chez nous !... pas dans la rue, tout le monde te suivrait comme le bœuf gras.
Depuis quinze ans qu’ils sont mariés, les époux Paneton n’ont eu qu’une seule querelle, ou plutôt qu’une même querelle, car, en effet, le motif en est invariable. Voici généralement comment la chose se passe :
Paneton, ouvrier maçon, rentre chez lui à sept heures pour dîner; il a le front soucieux, il se jette sur une chaise et dit : Sale métier! faut-il que les parents soient si bêtes de mettre leurs enfants
matons... c’est pas mon fils qui sera maçon ; oh non ! — Oh! ça, t’as bien raison, répond madame Paneton, en trempant la soupe. — Il sera ébéniste, fait Paneton. — Oui, tâche! ébéniste, jamais, dit la femme, il sera tourneur. — Tourneur? réplique Paneton... c’est drôle comme j’en ferai un tourneur, merci; je connais dix de mes connaissances qui ont mis leurs enfants tourneurs, ils ont tous mal tourné. — Oui, oh ! je sais bien que c’est un état que t’as dans le nez, mais je ne t’écoute pas, il sera tourneur. — Je te dis qu’il sera ébéniste. — Lui, mon fils, un pot à colle? j’aimerais mieux l’étrangler de mes propres mains. — Ah ! mauvaise mère, marâtre, tu en es bien capable d’être la bourreaute de ton enfant. — Qu’appelles-tu bourreaute? c’est bien plutôt toi qui es un mauvais père. — Moi! je suis un mauvais père? Ah! gueuse!
Là-dessus Paneton saisit un objet quelconque, il le lance à la tête de sa femme, qui riposte par un autre projectile, et c’est à chaque instant comma ça.
Le curieux de l’affaire, c’est qu’ils n’ont pas d’enfants après quinze ans de mariage.
Bref, les cris : A l’assassin! se font entendre ; les voisins accourent, rétablissent l’ordre, et s’en retournent, sachant que les voilà tranquilles pour vingt-quatre ou quarante-huitheures. Finalement, qu’un beau jour, ils sont allés se plaindre au com-
missaire de police, et voilà les époux Paneton en police correctionnelle.
Le témoin Blanchard dépose. — Paneton et sa femme, c’est les plus braves gens qu’on peut voir, mais ils ont toujours la même querelle qui est si bête comme leurs pieds, que ça en serait même risible si ça n’était pas du bataclan dans la maison, que des fois ils passent toute la nuit à se battre. Figurez-vous qu’ils ne sont pas très jeunes et qu'ils ne peuvent pas avoir d’enfants; alors ça leur aigrit le moral, mais c’est pas la faute du voisinage qui leur a dit assez de fois : Si vous faites encore des vies comme ça, nous irons chez lecommissaire; d’autant que plus ils avancent en âge, et moins ils ont l’espoir d’avoir un enfant.
Madame Paneton. — C’est vous qui se trompe, monsieur Blanchard; faut pas parler sans savoir.
Blanchard. — Sans savoir quoi?
Paneton. — Vous verrez ça dansquéque temps.
Blanchard. — Ah! faut vous dire, monsieur le président, que je ne sais pas si c’est la plainte au commissaire, mais depuis ce temps-là ils son* gais comme des poinçons.
Paneton. — C’est pas la plainte au commissaire, vous saurez pourquoi dans huit mois. Mon président, je vous jure que nous n’aurons plus de querelles, j’en lève la main.
Madame Paneton. — Oh ! et moi les deux.
M. le président. — Vous troublez la tranquillité de vos voisins par un scandale journalier, et cela à propos de l’état que vous donnerez à un enfant que vous n’avez pas.
Paneton. — Oh! maintenant, plus de danger.
Le tribunal a prononcé contre chacun des époux Paneton une simple amende de 5 francs pour tapage injurieux et nocturne.
Paneton. — Quand on voudra je paierai....
mais il sera ébéniste. (Il se dirige vers la sortie.)
La femme Paneton. — Il sera tourneur.
M. le président. — Faites sortir ces gens! Estce qu’ils vont recommencer ici?
ils sortent.
Il sera tourneur ou ébéniste, c’est évident; mais si c’est une fille !
UN AIMABLE BEAU-PÈRE
Il faut que Rouquet soit fièrement amoureux de mademoiselle Sébillon pour avoir souffert si longtemps, avant de se plaindre, des mauvais procédés de celui dont il aspirait à devenir le gendre; mais il n’y avait plus moyen d’y tenir, qu’on en juge plutôt :
Rouquet est un marchand de vin. Il faut, dit-il, que le père Sébillon m’ait aussi considérablement
UN AIMABLE BEAU-PÈRE
poussé à bout, voyez-vous, messieurs, que si je vous disais tout, nous coucherions ici.
M. le président. — Dites-nous seulement les faits qui ont motivé votre plainte.
Sébillon. — Traîner devant les cours et tribunaux les cheveux blancs qu’on en veut faire son beau-père?
M. le président. — Vous vous expliquerez tou à l’heure.
Sébillon. — C’est tout expliaué : c’est la boisson
Rouquet. — Père Sébillon, j’en suis fâché, mais...
M. le président. — Parlez au tribunal.
Rouquet. — C’est d’autant plus affligeant pour moi, que le père Sébillon est une vieille pratique.
Sébillon. — Tu me traites de vieille pratique.
Rouquet. — Comme ancien client; car, messieurs, je suis marchand de vin, et c’est le père Sébillon qui m’a étrenné dans mon commerce. Mais beaucoup de clients comme lui vous réduiraient à la mendicité la plus indigente, vu la quantité qu’il ;onsomme et qu’il ne paie jamais.
M. le président. — Mais dites donc quels coups il vous a portés et à quel propos.
Rouquet. — Mais, monsieur, à propos de rien, du tout : il entre chez nous, n’est-ce pas, pochard comme une vieille grive; il me demande un verre j
UN AIMABLE BEAU-PÈRE
moi, ne voulant pas donner à boire aux gens qui en ont assez...
Sébillon. — Cornichon ! (Rires.)
M. le président. — C’est intolérable! Je vous invite à vous taire.
Sébillon. — Avec reconnaissance.
Rouquet. — Eh bien, monsieur, v'ià le bon homme tout craché, vous l’entendez. Pour lors, quand je lui dis ça, comme un marchand de vin doit faire, qui a de la délicatesse, savez-vous ce qu’il fait? Un jour, il enlève le dessus de marbre d’une table et il me l’envoie à la tête, que j’ai saigné du nez et de l’oreille ; c’est dégoûtant. Un autre jour...
M. le président. — Mais arrivez donc à la scène du 16 janvier.
Rouquet. — J’endurais tout ça comme étant amoureux de sa demoiselle. Finalement , que ce soir-là il a pris une barre de fer qui servait à fermer la boutique, et il m’en a fichu un coup. Ma foi, comme c’était la treizième ou quatorzième fois qu’il manquait de m’assommer, vous comprenez que, voyant passer un sergent de ville...
M. le président. — Vous deviez épouser la fille de Sébillon?
Rouquet. — Je le veux toujours, mais il ne voudra plus.
üénn.coN. — La veux-tu? foires.)
UN AIMABLE BEAU fERK.
Rouquet. — Père Sébillon, j’ai l’honneur do vous demander sa main.
Sébillon. — Retire d’abord ta plainte.
Rouquet. — Je la retire.
Sébillon.— Je te l’accorde.
M. le président. — Cela ne vous justifie pas; comment, voilà un homme que vous avez failli plusieurs fois assommer...
Sébillon. — Devant être mon gendre...
M. le président. — Eh bien, il faut l’assommer?
Sébillon.— Le vin, mon juge...
Rouquet. — Je me désiste.
Sébillon.— Je n’ai qu’une parole : tu l’es.
M. le président. — Le ministère public ne se désiste pas.
Le tribunal condamne Sébillon à six jaurs de prison.
Sébillon. — Je te l’accorde tout de même.
Rouquet. — Parce que vous êtes à jeun, et quand vous serez en ribote... Mais je m’en fiche : vous savez, votre fille est majeure depuis quinze jours et on se passera de vous.
LA PENDAISON DU PERE MARTIN
Il y a encore, à l’heure qu’il est, des gens convaincus qu’on n’a pas le droit de décrocher un pendu, même vivant encore, sans l’assistance d’un représentant de l’autorité; beaucoup vont jusqu’à le désigner par son titre et n’hésiteront pas entre la dépendaison d’un malheureux dont ils pourraient sauver la vie, et cette opération faite légalement, mais tardivement, en présence du juge de paix
84 la PENDAISON DU PÈRE MARTIN.
Brid’oison, d’ailleurs, eût été de cet avis; aussi cet ami de la forme est-il resté le modèle du parf lit fonctionnaire, du parfait bureaucrate et du parfait imbécile.
Un de ses descendants, nommé Martin, a poussé le scrupule de la forme jusqu’à laisser son père accroché par le cou ; heureusement pour 'le bonnommé, il est sorti sain et sauf de sa tentative de suicide, et là n’est pas la raison du renvoi de son fils devant la police correctionnelle : il est prévenu de rébellion et d'outrages aux agents, dans les circonstances que va faire connaître la concierge de la maison.
Enfin ! dit cette brave femme, ils ne sont plus chez nous et la maison en est dépoisonnée. Dieu merci. Que le mal que je leur veux m’arrive, mais, ma parole d’honneur, j’aimerais mieux être condamnée à gratter des salsifis toute ma vie, du matin au soir, que d’être condamnée à rester la concierge de locataires aussi agréables et mal élevés que les Martin.
M. le président. — Bien, bien ! exposez les faits.
La concierge. — Voilà!., ça a beau être du vilain monde, il y a tout de même, des fois, à rire comme des bossus de leurs bêtises, que, quand ça me revient, j’en ris encore abondamment.
M. i.e président. — Encore une fois, arrivez aux faits.
LA. PENDAISON DU PÈRE MARTIN
La concierge. — C’est venu, parce qu’il faut vous dire que le père et le fils ont l’habitude de se pocharder ensemble; qu’ils rentrent sept fois par semaine à des je ne sais quelle heure; seulement jamais le père et le fils ne se grisent avec d'autres.
M. le président. — C’est très touchant, mais enfin que s’est-il passé ?
La concierge. — Ainsi, v’ià mon mari, ça lui arrive comme à un autre, mais jamais avec son fils. Voilà! j’y suis. Pour lors, ce soir-là, ils rentrent donc le lendemain, à deux heures du matin, dans leur état coutumière. J’entends dans l’escalier: pouff! brrr ! c’étaient eux qui dégringolaient d’un étage; ils se relèvent, montent chez eux; alors, le père Martin, qui a toujours de drôles d’idées quand il a du vin, prend une corde et se pend au plafond. J’ai su ça par le fils qui arrive et qui me dit : « P’pa s’est pendu, allez donc chercher un juge de paix, » aussi tranquillement que s’il m’aurait dit d’aller lui acheter un sou de moutarde ou un timbre-poste. « Mais, malheureux, que je lui dis, pendant ce temps-là, votre père n’y sera plus. — Je sais bien, qu’il me dit, mais j’ai pas le droit.» Je réveille mon mari, nous montons au grand galop et nous voyons le père Martin qui se débattait au bout de sa corde, vu qu’ayant fait des réflexions, il cherchait à se dépendre. Nous le décrochons, il boit une goutte
LA PENDAISON DU PÈRE MARTIN
d’eau-de-vie et le v’ià remis, dont là-dessus nous retournons nous coucher.
Au bout de... pas mal de temps... au moins!
v’ià un branle-bas dans la maison, des cris : a A l’assassin! * Nous nous rhabillons, nous remontons chez les Martin ; c’était le père qui fichait une pile à son fils, et le fils qui nous crie : a Allez chercher la garde! » Nous allons donc chercher des agents que nous revenons avec et qu’ils vont pour arrêter le père qui tapait toujours sur son fils. Alors, v’ià le fils qui ne veut pas qu’on arrête son père et qui tombe sur les agents dont ils les ont arrêtés tous les deux, mais qu’on a relâché le père comme n’ayant pas fait de résistance.
Tel est le fait.
Martin fils, n’en ayant aucun souvenir, se borne à alléguer son état d’ivresse.
Le tribunal l'a condamné à quinze jours de prison.
Que va faire, pendant ce temps, le bon père qui ne se grise jamais sans son fils? Comme ce n’est sans doute pas un vœu, il se grisera probablement tout seul, en attendant son compagnon.