‹ Les tribunaux comiquesChapitre 39 sur 73 · IÔO UNE CAUSE DIFFICILE A JUGER · texte numérisé non relu

IÔO UNE CAUSE DIFFICILE A JUGER

de la Patti, fait entendre une espèce de râlement, qu’il accompagne d’une mimique très accentuée et d’un roulement d’yeux effrayant, mais pas un traître mot n’est intelligible.

M. le président ( prêtant l’oreille). — Quoi?

Le plaignant recommence, réunit ses efforts pour faire sortir sa voix et ne parvient qu’à mélanger son râle de quelques éclats qui rappellent les petites trompettes de bois, d’un sou, qu’on donne aux enfants.

M. le président. — Ah! cela n’ira pas tout seul. (Rires.) Avez-vous des témoins?

Le plaignant fait un signe affirmatif et continue à parler (à parler est une manière de parler).

M. le président. — Non, non, c’est inutile; nous allons entendre vos témoins.

Un témoin s’avance.

M. le président. — Levez la main.

Le témoin tend l’oreille.

M. le président. — Levez la main !

Le témoin fait signe qu’il n’entend pas.

M. le président. — Un plaignant muet, ou c’est tout comme, un témoin sourd... (Au plaignant.) Avez- vous d’autres témoins?

Le témoin fait un signe négatif.

M . le président. — S’il n’est pas bien explicite, voilà une affaire qui ne sera pas facile à juger.

Sur l’ordre de M. le président, l’audiencier crie

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