‹ Les tribunaux comiquesChapitre 6 sur 73 · BOUILLON · texte numérisé non relu

BOUILLON

C’csl la polies correctionnelle qüi a fait con* uaitre des professions ignorées du vulgaire, et que

DE LA POLICE CORRECTIONNELLE

les prévenus, qui n’en ont aucune avouable, prétendent exercer : ouvrier en bâtons de maréchaux de France, fabricant d’yeux de bouillon, à l’aide d’huile qu’on tient dans sa bouche et qu’on lance à petits jets dans la marmite, peintre de oattes de

dindons, la vieillesse de ces volatiles étant trahie par la blancheur de leurs pattes ; savonneur de

MONOGRAPHIE

mâts de cocagne, noircisseur de verres pour éclipses, ramasseur d’invalides ivres, etc., etc., tous états pleins de mortes-saisons.

C’est à la police correctionnelle que viennent se révéler les moyens variés, et parfois extraordinairement curieux, de soutirer l’argent d’autrui; ainsi, récemment, par exemple, cet industrieux jeune hommequi, sous differents noms et en trimballant de domicile en domicile un mobilier de 1,800 francs, l’avait assuré dans toutes les compagnies contre l’incendie, pour un chiffre total de plus d’un million, et s’était, comme courtier, fait payer ses commissions sur cette somme; et devant tant d’imagination, on se demande quelles fortunes n'eussent pes faites les inventeurs de son espèce, s’ils eussent appliqué à des spéculations honnêtes les ressources de leur intelligence perverse.

DE LA I OLICE CORRECTIONNELLE

De la police correctionnelle aussi sont nées îles réputations littéraires. C’est à scs condamnations

MONOGRAPHIE

pour outrage à la morale publique, prononcées à l’occasion de chacun de ses ouvrages, que madame Marc de Montifaud a dû sa notoriété, malgré le huis-clos des débats, ou plutôt à cause de ce huis-clos, et de se faire lire beaucoup plus que les auteurs de livres couronnés par l’Académie française.

C’est la police correctionnelle qui nous a appris pourquoi les cuisinières, qui font des économies en vue du mariage, ne se marient à peu près jamais, grâce à l’imprudence avec laquelle elles contient leur petit magot à leur futur époux, qui le leur mange, part ensuite, censé pour chercher ses papiers dans son pays, mais en réalité va. comme Bertrand, voir si le printemps s’avance.

UE LA POLICE CORRECTIONNELLE

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