‹ Les tribunaux comiquesChapitre 61 sur 73 · LES DE UX NÉGOCIANTS · texte numérisé non relu

LES DE UX NÉGOCIANTS

d’un poisson ou polichinelle, sera livré aux consommateurs au prix de vingt centimes, etc., etc. » Suivent les clauses accessoires.

Le soir du premier dimanche d’exploitation de leur établissement ambulant, les deux associés étaient ramassés par la garde, en loques, meurtris de coups de poing, la tête dénudée à divers endroits par suite de l’enlèvement violent de poignées de cheveux. Leur situation financière et commerciale consistait en un petit baril vide et une pièce de deux sous en caisse.

Aujourd’hui, les voici en police correctionnelle, pour rébellion et voies de fait envers les agents de la force publique.

Nos deux négociants étaient partis à Saint- Denis avec leur baril d’eau-de-vie ; arrivés à la Chapelle, Sariol dit à Turban :

« Dis donc, je vas boire un polichinelle.

— Eh bien, tune te gênes pas, répond Turban, ça n’est pas à toi seul cette eau-de-vie-là, c’est à nous deux.

— C’est juste, répliqua Sariol ; alors le polichinelle étant de quatre sous, je vas te donner deux sous.

— Ah ! comme ça t’es dans ton droit, donnemoi deux sous, et bois ton polichinelle. »

Sariol donne deux sous et bois le poisson d’eaude-vie convenu.

Page 1