B0N PÈRE, MAIS POCHARD
« C’est pas l’embarras, dit madame Boitier au tribunal; v’ià un moutard qui est né sous un heureux auspice, comme dit c’ t’autre. »
Boîtier. — Quel autre? Qui est-ce qui dit que mon enfant est naquis dans un hospice?
M. i.e président (d la plaignante). — Déposez!
La femme Boîtier. — Que je dépose ?
Boitier. — Oui, ton parapluie.
M. le président. — Je vous dis de faire votre déposition.
La femme Boîtier. — Ah ï bon, voilà : dans les moments qui n’est pas mes couches, il me bat; mais je ne me gêne pas pour lui jeter n’importe quoi à la tète; que pour ça, il n’a pas le fond méchant.
Boîtier [pleurant). — Oh! non; oh! non.
La femme Boîtier. — Seulement c’est un homme qui boit.
Boîtier. — Qui boit, qui boit... qu’est-ce que tu dirais doncde Falupié qui me rendrait deux litres ?
M. le président. — Taisez-vous donc!
Boîtier. — Non, mais c’est pour dire...
La femme Boîtier. — Pas moins que, quand il a bu, c’est un être féroce et carnassier.
Boîtier. — Allons, bon, je suis carnassier.
La femme Boîtier. — Pour lors que j’étais donc en mal d’enfant, même qu’on l’a baptisé en l’absence de son joli père.