‹ Les trichophyties humainesChapitre 4 sur 59 · C. — Cultures · texte numérisé non relu

C. — Cultures

Les caractères microscopiques différentiels des trois teignes tondantes sont d’une évidence surprenante :

1° Il y a différence de dimension de la spore. L’une étant de 3 [j., les autres de 5 à 10de diamètre;

2° 11 y a différence d ’agminalion, les petites spores étant agglomérées sans ordre visible et les grandes ordonnées en files régulières;

3° Il y a différence d 'habitat : la petite spore étant collée au cheveu, mais hors de lui , dans sa partie aérienne et les grandes spores étant, ou bien situées exclusivement dans le cheveu (endothrix), ou bien seulement hors de lui, à sa base (ectothrix).

Avec ces différences si saillantes, il est réellement étrange que des milliers d’examens superficiels aient été pratiqués par tant d’auteurs sans qu’elles aient frappé aucun d’eux.

De plus, ces différences microscopiques étant remarquées, les contagions d'école ou de famille montrent avec une régularité si parfaite la perpétuité, la stabilité des caractères différentiels de chaque type, qu’avant toute vérification bactériologique, l’autonomie de chacun d’eux peut déjà paraître indiscutable et.

POSITION DE LA QUESTION

que l’hypothèse du polymorphisme d’un même trichophyton émise, il y a quelques années, par M. Balzer semble d’avance condamnée *.

Cependant, je n’aurais pu, sur ces seules observations microscopiques, affirmer la pluralité de ces parasites, sans le contrôle des cultures. A l'heure actuelle, ce critérium est devenu exigible et il est, on peut le dire, décisif.

Étant donnés ces trois types microscopiques, parfaitement distincts entre eux, si chacun d’eux donne une culture spéciale et toujours la même, et si cette culture ne peut par aucun moyen, sur aucun milieu, être ramenée aux cultures également spéciales et également fixes des deux autres types, c’est qu’il y a bien entre les trois parasites une différence spécifique, que l’un est irréductible à l’autre, qu’il s’agit, en un mot, d’espèces botaniques différentes.

C'est ce que nous allons démontrer :

Qu’on sème comparativement sur les mêmes milieux nutritifs, sur trois tubes de gélose au moût de bière, par exemple :

4° La racine d’un cheveu envahi par le trichophyton à grosse spore (endothrix) ;

2° La racine d’un cheveu de kerion de Celse (Trichophyton megalosporon ectothrix) ;

3° Enfin un fragment de cheveu recouvert par les petites spores (Microsporon).

Ces trois cultures resteront inertes pendant quatre jours. C’est seulement le soir du quatrième jour ou le cinquième qu’à la surface de chaque point d’ensemencement un très fin duvet paraîtra.

Dès le sixième jour, la différence entre les trois cultures sera évidente : le cheveu à grosses spores (endothrix) aura produit une petite houppe aérienne très drue et très serrée de duvet blanc.

Le cheveu du kerion de Celse aura donné une culture deux fois plus rapide, déjà garnie de rayons étoilés, tandis que la culture due à la petite spore aura surtout poussé dans l’épaisseur du milieu et montrera par transparence un mycélium profond radié comme un soleil.

1. Deux hypothèses peuvent expliquer ces anomalies : ou bien il s’agit d’une variété spéciale de trichophyton, à grosses spores, ou bien il s’agit d’un trichophyton dont la végétation a pris accidentellement un développement extraordinaire, en vertu du siège qu’elle occupe... Cette dernière supposition nous paraît la plus vraisemblable. (Archives générales de médecine, octobre 1886.)

LES TUICHOPHYTIES HUMAINES

Ces différences se continuent et vont en s’accusant de plus en plus ; nous les énumérerons en détail plus loin; mais on peut énoncer ici les différences caractéristiques qui permettent de distinguer sans faute l’une de ces cultures de l’autre, à l’état adulte.

Examinée quinze à dix-huit jours après l’ensemencement sur moût de bière gélosé, la culture d’un cheveu à grosse spore, (trichophyton mégalosporon endothrix), montrera une culture saillante en mamelon, aride, d’un aspect poudreux et brunâtre. (fig. 72 et suiv.) Dans le même temps, la culture provenant du kerion de Celse (trichophyton mégalosporon ectothrix), aura couvert une surface triple de la précédente, elle sera couverte d’une poussière blanche , semblable à du plâtre. Sa couleur générale est d’un blanc crème (fig. 111).

Et la culture fournie par le parasite à petites spores aura pris et gardé, et gardera dans la suite l’aspect d’un duvet léger d’un blanc parfait.

Ces faits sont constants, ils ne présentent pas d’exception. Sur l’examen microscopique d’un cheveu, on peut affirmer d’avance les caractères génériques de sa culture, sans craindre de se tromper jamais.

Inversement, sur les caractères de la culture, on peut affirmer quelle spore présentait le cheveu qui lui a donné naissance.

Ce caractère primordial est fixe. Aucun passage sur aucun milieu ne le fera disparaître. La culture étant inoculée, si l’on reprend le germe sur le vivant, on aura de nouveau la même culture que la culture originelle.

Il s’agit donc ici, non pas de variétés à caractères transitoires, mais d’espèces à caractères différenciés et immuables: confirmation définitive de ce que les contagions de famille et d’école nous ont appris par l’examen microscopique.

i JI.

Trois points de l’histoire micrographique du sujet. —

Les trois parasites décrits ont été découverts il y a un

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