XXIV NOTICE
plus, ainsi que les clames de haut parage, pour se laisser taster, toucher, embrasser. » C'est ce que prouvent les énergiques apostrophes des prédicateurs du XVI« siècle, qui ont dénoncé les concubines des prélats : « saccrdotes concubinavii ». Dans les monastères, à huis clos, les moines apparaissent avec leurs yeux flamboyants, leurs mains avides, haletants, comme ces hommes que les poètes nous dépeignent en proie à la vengeance d'une divinité ([ui les consume de feux.
On ne nous accusera pas d'hérésie, puisque tout est liturgique dans ces faits. Aussi peut-on rappeler un incident assez piquant des Mystères, à l'occasion du vendredi saint.
La troupe des confrères chargée d'exprimer la scène du Golgotha, attachait sur la croix un beau jeune homme presque nu. En face de lui étaient les trois actrices représen- ^ tant les trois Maries, choisies parmi les plus
«^ belles lillcs de la ville, et qui se tenaient de-
bout, les seins découverts. Si l'on en croit les traditions, ce genre de beauté qui consiste en une gorge opulente était vivement recherché par l'évêque ; il attachait une haute importance à ce que les femmes qui possédaient un rôle dans la cérémonie fussent pourvues de ces demi-globes voluptueux, les laissant libres, dans « le désordre de la douleur », d'émouvoir ou non le représentant du Christ, qui avait fort longtemps ce spectacle sous les yeux.
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Or, un jour cul lieu un lait singulier enlro celui qui jouait le personnage de Jésus et celles qui formaient le groupe des filles de l'Evangile. « Notre hercule galant », ajoute l'historien de la fameuse anecdote, « posté à l'avantage, avait en perspective une demidouzaine de tétons capables, par leur systole et leur diastole, de subjuguer la vertu du plus froid anachorète, ce ([ui occasionna un incident très-comique et très-profane, car le crucifié, au lieu de prononcer du haut de sa croix des paroles dignes de celui qu'il représentait, prononça des turpitudes dignes de la damnation éternelle..., et telles enfin qu'on peut les deviner. »
Nous trouvons ailleurs un fait non moins étrange ayant trait à celte partie arrondie et proéminente du buste féminin. En Angleterre, Robert Grosse-Tête, évêque de Lincoln, vivant sous le règne de Henri III, avait cru trouver le moyen de se rendre compte de la sagesse des nonnes. A chacune de ses visites, il en faisait mettre devant lui un certain nombre, et là, inspiré d'un saint zèle et d'une ardeur toute canonique, il expérimentait la virginité des religieuses en pressant leurs mamelles. Facit exprimi marne lias.
Il est facile à déduire que, ne se refusant rien dans la vie privée, les prêtres et les moniales s'en donnaient à cœur joie aux jours consacrés par les saturnales.
XXVI NOTrCE
L'art, qui est plus grand historien que les chroniqueurs, a conservé des preuves irrécusables des faits et gestes des religieuses, dans les monnaies, les jetons on jcloirs, les médailles, frappés à ces époques de liesse. Il y a une affinité indiscutalile entre ces monnaies et les cachets, ou sigilla, des saturnales, que les Romains s'offraient mutuellement dans ces réjouissances appelées aussi sigillaires. L'inscription Monetn, gravée sur les petites pièces de plomb léguées pour les fêtes des Fous, ne doit cependant pas être prise à la lettre, car il ne s'agit pas ici d'une monnaie mise en circulation et possédant une valeur égale à celle de l'objet échangé, comme l'or ou l'argent. L'effigie ne porte point non plus la figure du souverain régnant ; mais ces médailles, dont on a donné les empreintes en 1837, n'en sont pas moins des titres archéologiques fort sérieux, quoique trop souvent indéchiffrables.
Ainsi, par exemple, une de ces pièces est ainsi construite :
Sur la première face est une mitre d'évêque ou d'abbé avec cette légende :
DEBONE : NON-NAINS.
Au revers, oii les figures du champ sont
SUR I.A 1''i:te di:s fois xxvii
et'lacées, se trouve le second rragineiit de la légende :