XXXIV NOTICE
En 1541, la récompense fut décernée à un homme qui, faute d'argent, avait joué sa femme aux dés.
Le dernier chapitre du livre simule le catalogue d'objets grotesques mis en vente par adjudication : telles que les mitaines de la reine deSaba, la branche à laquelle Absalon fut pendu par les cheveux, la mâchoire d'âne avec laquelle Samson tua les Philistins, etc.. Ce dernier paragraphe est sans contredit inspiré du fameux inventaire fait par Rabelais, des livres trouvés à Paris, à la librairie Saint-Victor : Le Moutardier de pénitence, la Savate d'humilité, le Peloton de théologie, la Groquignolle des curés, les Anicrochements des confesseurs, l'Apparition de sainte Gertrude à une nonnain de Poissy en mal d'enfant, etc.
La faction ecclésiastique finit par se lasser d'être dévoilée entre toutes ces montres. Les chanoines n'osaient plus rire, certains d'y être servis en pâture à la foule avide, qui s'arrachait les quatrains, pamphlets, jeux de mots, calembredaines, « contenant mille choses hardies que les Couards n'auraient pas osé dire », mais qu'ils ne se gênaient pas pour écrire. Ils avaient si bien « corné des choses non pareilles », qu'en 1562, pour avoir voulu braver la défense qui leur avait été faite de se masquer, ils furent presque maltraités par le peuple, qui ne reconnaissait plus ses alliés. La ligue les frappa aussi ; mais, en 1595, ils reparaissent, auto-
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risés par le parlement. Ils commirent alors l'imprudence de représenter le Saint-Siège, ce qui devint le signal de leur ruine.
Kiclielieu, par un édit donné à Lyon le 21 janvier 1630, dissout la société de la Mère-Folle. Le dernier décret relatif aux Gonards de Rouen serait, d'après les actes judiciaires, de 162(3 : l'Eglise avait vaincu. Ainsi se vériliait le prudent avis, donné par Editiie, en l'île sonnante, à propos de la gent monacale, et (pii est encore vrai aujourd'hui.
« Homme de bien frape, féris, tue et meurtris tous rois et princes du monde, en trahison, par venin, ou autrement. Quand tu voudras, déniches de cieux les anges, de tout aura pardon... A ces sacrez oiseaux ne touche, d'autant qu'aimes la vie, le profit, le bien, tant de toy que des tes parents et amis vivants et trépassez : encores ceux qui d'eux après naitroient, en seroient infortunez. »
Quel que soit le rôle asssez licencieux des religieuses de la fête des Fous, elles ne laissent après elles, comme certains fondateurs d'ordre, rien qui fasse repousser leur mémoire avec horreur. S'il plaît d'en évoquer le souvenir, c'est dans les ballades des poètes, sous les arceaux des vieux prieurés, témoins des orgies fameuses des moines, avec les hétaïres de l'Eglise ; mais du moins elles n'inspirent point la pensée, d'ajouter un nouveau mystère au Sacré-Cœur et d'ériger en dogme leurs visions maladives, ou celle de battre monnaie avec leurs ossements.