SUR LA FETE DES FOUS XXXIII
voyait dans le cortège trois ont quatre individus habillés avec Kiste et cherchant à disputer un sceptre, comment ne pas reconnaître les Guises.
Un des privilèges accordés à la société, était le droit d'octroyer aussi à d'autres la permission de se masquer, moyennant finance. Les membres de la confrérie prenaient si bien le haut du pavé, qu'on *rouve dans les registres du parlement de Rouen — février 1547 — que les juges n'osaient plus venir au palais habillés de leurs robes rouges et montés sur des mules « de peur des insolences que pouvaient faire les dits jours Messieurs allant par les rues avec leurs robes d'écarlate. »
Le haut clergé, comme on le pense, était le plus maltraité. Le fameux abbé Fagot, monarque universel des Couards, suivi de ses cardinaux et dignitaires, n'était-il pas la vivante figure de l'Église, mangeant entouré de ses concubines, et portant, lui aussi, un bréviaire en forme de flacon qui contenait, disait-on, le vin théologal ?
Le repas était dressé sous les halles immenses de la vieille tour. On lisait, en guise d'évangile, la chronique de Pantagruel.
Après le festin avaient lieu les farces, comédies, danses et morisques. On érigeait un plaisant tribunal pour juger les causes grasses. Les prix étaient donnés à ceux qui avaient fait la plus sotte chose de l'année. Aussi les concurrents n'affluaient pas.