ENVOY
Couards aimants les amoureux tournois, Folle Amour seiche ainsi que font les noix ; Après, Justice au besoing souvent plie, Et le tout serre en viel coffre de bois Le père abbé et dame Conardie.
Après lesdits chariots, marchoyent quatre hommes accoustrez de differenles sortes, en semblance de quatre estais, ayant devant eux dix fallots, deux labours et un phiffre, où ils conduisoyent un petit chariot carré, revestu de tapisserie de haute lisse, et au dessus couvert d'un ciel ou poile moult riche, soustenu par quatre piliers d'antique, au dedans duquel esloyent quatre personnages de grande estime et représentation, l'un habillé en pape, l'autre en empereur, le troisième en roy et le quatrième en fol. Lesquels jet-
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toyeiit un Monde rond do l'un à l'autre, en mode du jeu du pot cassé, et poiioyent derrière leur dos, chacun à part soy, différemment ces mots : Tien-cy, I3aille-ça, Rit-t'en, Mocqiie-t'en, et marijoûilloyent ce pauvre monde assez rudement, de sorte qu'il eust beaucoup à souffrir entre leurs mains.
Tost après, estoyent suivis par soixante ou quatre-vingts personnes, accoustrez de différentes sortes d'abits, les uns de long-ue robbe de l'église et pratique, les autres en courte robbe, aucun en abits de femmes comme sybilles et muses, et autres comme damoiselles, bourgeoises, servantes et villageoises. Entre les autres y en avoit aucunes abillezà la mode des Italiennes de Vallongne, montez indifféremment sur beaux chevaux et mullets, hacquenées et asnes, ayant des escriteaux, devises et rébus, qu'il n'a esté de recouvrer. Devant lesquels et en plusieurs endroits donnoyent grande clarté, ayans force fallots, lanternes et connines, de quoy l'on crie adieu Noël aux brandons, et le jour que l'on crie le roy boit, et force tabourins.
Suivoyent après eux, non fort loing desdites bandes, douze fallots llambans; puis suivoyent six cornemuses, trois cymballes et
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cinq tabourins. Et pour la conduicte de neuf hommes qui estoyent abillez en hermites, de beau satin gris, mieux masquez qu'il est possible de voir, ayans des patenostres de bois fort grosses pendantes à leurs ceintures. Chacun d'eux estoit monté sur un asne, marchans l'un après l'autre. Suivoit après, tout derrière, leur père gardien, bien monté sur un mullet autant bien enharnaché qu'il estoit possible, et n'ay jamais veu bande plus couarde ne mieux assouvie. En leur rébus estoit escrit, comme voirrez cy après: Hermites nouveaux venus cfestrange terre, au service de Tahhé.
Chacun d'eux avoit derrière le dos, escrit en parchemin, deux lignes en rithme, dont le premier portoit ce qui ensuit et les autres suivant :
PREMIER
Ilermite suis de grand renom, Faisant bordeau de ma maison.
DEUXIÈME
Hermife de rouge broudicr Qui rebrasse à maints le fessier.
TROISIÈME
Hermite nouveau revestu, Assez las d'avoir combattu.
DE L AUnAYE DES CONAUDS 0/
QUATRIÈME
Hcrmite suis frère frappart.
Qui maints conniii broche sans lard
CINQUIÈME
Ilermitc suis de la Guicrnée, Vray ramonneur de cheminée.
SIXIÈME
Hermite suis de la farie, Venu du pais de Furie.
SEPTIÈME
Hermite nouveau refondu, En veroUe tout confondu
HUITIÈME
Je suis jeune hermite sauvage Nouveau rendu à l'hermitage.