‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 4 sur 59 · SUR LA FETE DES FOUS XI · texte numérisé non relu

SUR LA FETE DES FOUS XI

femmes. Le jour des saints Innocents, l'élection d'une abbesse folle et d'une petite abbesse, qui usurpaient la crosse et la place de l'abbesse légitime, amenaient les plus piquantes perturbations. Les religieuses remplaeai^ent les chantres au lutrin^4mrtaût sur le nez des lunettes dontles verres étaient remplacés par des écorces d'oranges, vêtues d'habits grotesques, encensant l'autel avec de vieux cuirs enflammés, jouant aux dés, et mangeant des boudins dans l'église. Une citation de l'époque en offre la preuve : Almia Jocositate et sciirrilibus cantibus utcbantiir, ulpote farsis, conduclis, motulis, etc. — On usait d'une joyeuseté extrême, de chant bouffons ; on se livrait même à des farces, à des mouvements désordonnés. Dans les couvents d'hommes, l'abbé des sots, abhas sfiilforuni, entamait des relations toutes nocturnes avec les petites abbesses. Quoi de plus rationnel, puisijueja liturgie allait quelquefois Jusqu'à admettre un simulacre d'épousailles entre un évêque et une supérieure de nonnes, en quelques-unes des cérémonies catholiques, comme lorsqu'il s'agissait de l'installation d'un prélat en son diocèse. Ainsi, en pareille circonstance, les évèques de Florence et de Pistoie, comme le raconte Salvi, et ceux de Troyes, couchaient dans le couvent sur un lit trèsorné, passaient un anneau au doigt de l'abbesse : Il vescovo... sposava madonna, o vogliam dire badessa, alla qiiale restava

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