ZACHARIE
L'ange de Dieu, me monstrant le mystère D'vm livre clos parmy l'air voltillant.
Me dit : Prophète entends, c'est chose claire, En ce que vois est escrit au mitan :
Que tout humain le nom de Dieu jurant Et plus prenant qu'il ne luy appartient, Combien qu'il soit en grand honneur montant, Pugny sera, cela souvent advient.
BALLADES DES DITS PROPHETES, QUE SAUL LISOIT AUX GAREFOURS DE LA VILLE.
Cornus Couards qui portez cornus corps.
Si vous voulez entendre ma devise.
Venez ouyr des prophètes les cors Cornants le temps qu'à présent on divise. Ils ont corné qu'orgueil et convoitise Sont maintenus par gens de tous estats, Ils ont corné qu'à monceaux et à tas Du peuple on tire argent par avarice.
Ils ont corné des choses nompareilles Qu'il adviendra pour corriger malice Le teius de plciu' et l'an des grands merveilles .
DE l'abbaye des CONAIIDS 75
Si en c'est au ou vous fait griefs effors, Retirez vous en vostre inerc Ee:lisc, Suivez Moise et ses estandars fors, Qui par escrit la sainte loy a mise, N'adjoustoz foy à cil que i^ar (aintise, La veut troubler par fas ou par neffas. D'ambitieux contemplez bien le cas, Si c'est à droit qu'ils exercent justice, Par tromperie ou par chosos pareilles.
Cela pour vray cause par injustice, Le tcras de pleur et l'an des grands merveilles.
Par jugement ou par trop faux rapports, Maints sont chassez en trop diverse guise, Les autres sont rendus à demy morts ; Par cas nouveaux que sur eux on advise. Qui fait cela ? Le temps; mais quand j'y vise, Fammes ne voy mettre leur estât bas :
Cela leur sert pour avoir leurs esbats, Ou pour plaisir ou pour quelque autre indice Qui pourroit bien tourner à préjudice.
Dont toy, pécheur, aux sages te conseilles, Amende-toy, alïin que l'on bannisse Letemsde pleur et l'an des grands merveilles.
S'en son pais prophète on ne tient pas Qui ne dit mot que de Dieu par compas, Et s'un menteur moins clerc qu'une nourrisse Est escouté et creû par sa blandisse, Voilà de quoy, homme, tu t'esmerveilles : C'est dont te vient, par faute de poUice, Le temps de pleur et l'an des grands merveilles.
Toutes lesdites compagnies ainsi ordon-
7(j LES TRIOMPIIKS
nées arrivèrent devant le château, soubs l'un des ponts de la maison de pierre , prison du bailliage où estoit escrit en un tableau d'antique le huitain qui ensuit :