‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 52 sur 59 · AUX ESTRAXGERS ET AUX BOURGEOIS DE ROUEN · texte numérisé non relu

AUX ESTRAXGERS ET AUX BOURGEOIS DE ROUEN

DE PAR l'abbé.

Dont vient, Conards, que par vostre follie

Vous ne venez à l'abbe faire honneur ?

Attendez-vous que de vous on se rie,

Si ne venez auprès de Sa Grandeur. '

Il semble à voir que vous cerchez malheur

Et luy voulez denier son domaine ;

Mais soyez seur que s'il monte en fureur,

Qu'il vous mettra dans son pontharitaine!

Sçavez-vous pas sa grandeur et puissance, Et qu'il n'y a nul qui ne soit tenu Le venir voir en son Escu de France, Où chacun est toujours le bien venu ?' Apportez-luy donc tost le revenu Que luy de\ ez, et vous voirrez la chère Qu'il vous fera, quand il aura cogneu Que vous aimez mieux le vin que la bière.

Ne faillez donc, vous qui tenez fournies Plusieurs maisons pour loger des Anglois. Et vous aussi, messieurs d'hostelleries.

Qui les tenez chez vous en tapinois, Nous apporter dedans F Escu de Poix Les braves noms et surnoms de vos hostes Afin fjue tous viennent garder les loix ' Que l'abbé fist en revenant de tostes.

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Et VOUS aussi, messieurs les Espagnols Qui, de l'abbé, ne tenez aucun compte.

En caqetant ainsi que rossignols, Ou gens venus tout nouveaux de la fonte. Je m'esbahis que vous n'avez grand honte De tant tarder: venez vous acquitter Vers ce pater, qui d'allégresse prompte Vovis traitteroit, le venant visiter.

Vous mesmement, bourgeois de noste ville, Que chacun jour vous faites tenailler Pour visiter ce saint pater utille, Et ne vouliez aussi luy rien bailler, Penseriez-vous tant des braves tailler Que d'eschapper luy venir faire hommage? Non, pour certain. Gardez donc de brouiller Les cartes, tant qu'en receviez dommage.

En gênerai, vous qui masques portez Sans avoir prins de l'abbé la licence, Il semble à voir que vous vous esbattez A l'irriter, nonobstant sa deffence :

Car vous feriez, ce semble, conscience De venir prendre en sa maison congé.

Mais gardez bien qu'après sa patience Vous ne sentiez ce qu'il aura songé.

Ainsi signé haut : venez vistement, Pour de l'abbé baiser le fondement.

DE l'abbaye des conards 101

REITERATION

Des deffences des porter masques sans son cons,'é. sur les peines aux cas appartonans.

DE PAR l'abbé

Ne vous tenez plus tant, pour gaigncr des roupies. Auprès du port Morant, caquetant comme ]">!e.s, Et n"allez plus aussi, Conards, ni vous, garçons, Courir après un tas de chanteurs de chansons, Qui ne font qu'espier le moyen, par leur course, Secrettement, pour faire attraper vostre bourse. Mais venez voir l'abbé, en son haut throsne assis, Qui vuide le godet et boit à plus de six.

Il a fait voirement sçavoir par cry publique, Ce qu'estrc, il entendoit, bon pour sa republique, Et, par especial, de ne porter le soir Le masque aucunement, ny de nuict, sans avoir, Soubs le seing et cachet de sa couarde altesse, Pour ce fait le congé et la licence exjDresse. Mais, d'autant que dimenche est le jour solennel Auquel il veut monstrer son honneur annuel, Comme il a de coustume à faire de tout aage. Il veut à tous Conards enjoindre d'avantage: C'est qu'aucun ne soit tant de soy présomptueux, Téméraire, hardy, sot ny audacieux.

D'aller soit jour ou nuict durantces jours en masque. Et, fust-il aussi prompt et léger qu'est un Basque, Sans avoir, par effet de bonne affection. Accompagné l'abbé à sa procession, Et que dans la viétour il ne soit à une heure Pour voir marcher son train en une ordre meilleure :

Car à tous il le fait à sçavoir ce jourd'huy, Afin que nul ne se pusse excuser envers luy, Sur paine d'arracher la masque de la face; Et rigoureusement punir qu'on ne le face ; Ou boa gré, mal gré, qu'il soit au grand sergent Permis luy emporter sa bourse et son argent. Voilà ce que l'abbé vous enjoint et commande Pour rendre dans Rouen, noble ville normande. L'excellence et grandeur, et du pater santé La teste magnifique et la solemnité.

Ainsi signé par l'abbé bon compère :

Levez la cuisse afin que le c. père.

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