‹ Les triomphes de l'abbaye des ConardsChapitre 58 sur 59 · DE LA MAGNIFIQUE BLANQUE · texte numérisé non relu

DE LA MAGNIFIQUE BLANQUE

On ne sçauroit de fortune mieux faindre

Le grand pouvoir, ne son image paindre,

Qu'en deserivant le hazard plein de ris

Qui, de présent, est joué dans Paris,

Nommé la blnnque; auxquels lieux plusieurs hommes

Y ont gaigné d'or et d'argent grands sommes,

Pour petit prix qu'ils avoyent au jeu mis;

Et sans faveur d'amis ou ennemis,

Autres y ont du leur mis grand'partie,

Et dessus eux toute perte est sortie.

N'en rapportant que courroux seullement.

Ce jeu se fait à tous egallement :

Car, d'vm costé, sont les noms et devises

De ceux qui font d'argent les grosses mises.

De l'autre part sont les escriteaux blancs.

Qui, aux premiers, sont du tout ressemblants,

Parmy lesquels sont mis les bénéfices

Aux rencontrans gracieux et propices.

Ce sont joyaux, bagues, chaisnes doreures.

Carquans, anneaux, couppes, tasses, ceintures,

Et autres biens dont les poix et les prix

Sont dans aucuns de ces billets escrits.

Un aveugle est entre les deux vaisseaux,

A ses deux mains tirant les escriteaux

Des deux costez, desquels il fait la inonstre:

Dont il advient que, s'il y a rencontre

De la devise et bénéfice aussi,

C'est à celuy dont la devise ainsi

Est rencontrée, et des autres le reste

Se trouve blanc, sans que rien s'y acqueste.

Je ne sçaurois pour fortune prouver,

Pource que maints par luy se trouvent riches,

Les autres nuds, et demeurez en friches.

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