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LE RÈGNE DU POÈTE

Le règne du Poète

Oh I les désirs sacrés s'enfièvrent dans mon cœur I Leur héroïque fougue exhale un cri vainqueur, Qui monte vers la cible où gît TOEuvre ineffable. Tous les enchantements suprêmes de la fable Jaillissent lumineux et forts à mes côtés, 0 Mer, et sur Fenvol de tes flots indomptés, Pleins de furie aUière et de gloires sereines. Passe l'essaim sacré des dansantes sirènes. Cortège enthousiaste, àTéclatant essor.

Des triomphes marins d'Aphrodite aux seins d'or, — Mon cœur palpite, ô Mer, et mon âme s'enivre, Mon désir surhumain veut s'incarner et vivre;

62 AU SOMMbT DE LA TEMPÊTB

Que ma Création, 6 Mer, soit comme toi Eblouissante et forte, et pleine de la foi Qui te pousse à danser dans la liesse des vagues I Qu'elle chante, joyeuse, au sein des ombres vagues! Qu'elle gronde et moutonne et soit riche d'ardeurs ! 0 Mer qu'elle ait aussi tes chaudes profondeurs, Où se traîne ta faune excessive et marine ! Et que l'ouragan noir et rude qui chemine, Chevauchant les éclairs sacrés au vol de feux. Passe dans son désir qui se tend vers les Dieux, Rende mon Œuvre plus complète et frémissante ; Et que la Mer enfin, lumineuse passante Du globe monstrueux, au grand prodige obscur. Proclame mon Triomphe immense vers l'azur, Et préfère, éclatante et suprême fortune, La lyre du Poète au trident de Neptune I

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