Livre-moi l'exaltant et sauvage délire
Que mon ode résonne avec l'éclat d'un rire,
Qui monte lumineux dans le matin sacré 1
Que ton goufl're tragique et fauve soit le pré
Où fulgure ma fièvre et mon galop sonore I
Que mon navire en feu, plein des dons de l'aurore,
Rutile comme un dieu magnifique ! Qu'il soit
Comme un symbole altier de lumière et de foi 1
Et qu'il mêle sa pompe extatique et royale
Au cortège vermeil que Phoibos étale
Sur l'infini des flots, cabrés dans le couchant !
Que sa carène en feu bondisse comme un chant
il AU bOMMET DE LA TEMPÊTE
Vers les abîmes bleus et l'or des sphères saintes î Et que, vaste, brisant sous lui toutes les craintes, Il traîne comme un don pourpré des noirs climats. Les soleils de l'orgueil aux vergues de ses mâts !