‹ Les triumphes et magnificence faictes á l'entrée de MonseigneurChapitre 5 sur 10 · AU LECTEUR · texte numérisé non relu

AU LECTEUR

Tout ainsi que ce bas monde se nourrist et maintient par la vertu des Elementz : Ainsy les Royaumes et Républiques se soustiennent et accroissent par la puissance, force et vertu d'obéissance et de commandement : qui sont deux certains moyens propres et particuliers pour Fentretenement des provinces, peuples et cités : et sur ces deux principes, ou comme elementz, les Philosophes anciens ont fondé leurs Republiques. Du juste commandement sort tousjours la fidelle obéissance ; et de deux biens liés ensemble, provient une perpétuelle félicité, et la perfection des Politiques d'Aristote, et des Loix de Platon.

Je dy cecy, lecteur, pour faire pnroistre aux yeux (W

tonte la France, combien fust juste et droicturier' le commandement de Monseigneur, aux députés de son pais et ville capitale de Touraine, quand fust requise sa (irandeur, assigner le jour de son entrée en la la dicte ville, qui fust tel, (jue son Altesse n'enten- Icndoil y estre faicte aulcune excessive et trop sumptueuse despense, se contentant de leur lidelle et serviahle volonté; considérants les grandes aftlictions et oppressions supportées à l'occasion des guerres, passées, par liabitans de la dicte ville et pais qui en estoient presque reduictz à une misérable calamité. Mais la grande obéissance de la ville et païs sur l'exécution d'un si ^rave commandement, avec révérence el modestie, ne se voulut laisser surmonter en (Muirloisic ; mais vaincre par elîecl la bonté de son Seigneur, délibérant employer le reste de ses forces et moyens', pour lionorer sa réception; comme le remerciant, |>ar une magnifique entrée, du repos public(|. (|ue sa ^irandeur auroit générallement procure j)()in- tout ce Royaume, après tant dorages passez.

En (|uoy les Mane ^ et Escbevins de la dicte ville.

usèrent de telle diligence, que au jour assigné, le tout fust dressé et préparé, sans aucune remise. Combien que l'artifice des choses invétérées, meritast beaucoup plus de temps, pour les deuëment enrichir et accomplir. Et n'estoit que je crains abuser de ta patience. Lecteur, j'escriroie au long, et décorerait les noms des citoyens, qui se sont évertués de rendre l'ouvrage plus poly\ Je te diray seullement, pour abbreger, que possible ne se trouvera entrée de Prince ny de Seigneur de France en ville quelconque (j'excepte tousjours Paris) plus riche, plus excellente, ny mieulx ordonnée, et qui ait esté plus au gré et parfaict contentement de son Prince et Seigneur, que celle du dict Tours; comme tu pourras veoir cy après par le dénombrement et particularités d'icelle, que les dictz sieurs Maire et Eschevins te mettent en lumière, poru tesmoignage de leur fidelle obéissance, diligence, et servitude envers leur Prince et Seigneur.

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