Gazette des Trib. 23 juillet
s’y sont opposés etse sont adressés au Ministre des Affaires étrangères, M. Ribot, pour interdire l’inscription de cet emprunt à la cote de la Bourse (1). À ce moment les placards et les affiches contre le gouvernement portugais reparurent sur les murs de Paris, l'opinion publique quoiqu'indignée par cette conduite irrévérencieuse à l'égard d’un gouvernement étranger, des porteurs, blâmait ce gouvernement de l’insistance qu'il mettait à ne pas vouloir rendre au moins lessommes de l’emprunt1832, dontilavaitprofitéetqu'ildétenait injustement, mais cette fois encore la campagne échoua, et l’emprunt fut émis. Le gouvernement portugais commença alors à comprendre combien la politique qu’il suivait à l’égard des porteurs, était nuisible pour ses intérêts ; et à la fin de 1891 se trouvant de nouveau dans l'embarras, surtout pour le paiement du coupon de janvier 1892 de sa rente, il se décida, pouréviter une nouvelle cam pagne de la part des porteurs de l'emprunt dom Miguel qui eût été désastreuse pour son crédit, à en-. rer de nouveau en négociations avec eux, el leur donner une somme de 2 millions et demi, somme représentant à peu près les fonds de l'emprunt dom Miguel, qu’il avait touchés.
En décembre 1891, le Journal officiel publiait l'avis
4. Voy. la lettre adressée au Ministre dans Petit Journal, 12 mars 1890.
suivant : &« Le Comptoir National d’Escompte de Pa-
ris, ayant été chargé de mettre en réserve sur le produit de l'emprunt des Tabacs portugais une somme de 2,500,000 francs destinée aux porteurs d'obligations dom Miguel 1832, invite les porteurs à lui adresser leurs demandes accompagnées des ütres leur appartenant. Le dépôt deces titres devra être effectué dès à présent et avant le 1° mars 1892 aux guichets du Comptoir National d’'Escompte de Paris et des ses agences où les intéressés trouveront les bordereaux nécessaires. Après l'expiration du délai indiqué pour le dépôtde ces titres et après leur vérification, un avis sera publié règlant le mode de répartition de la susdite somme de deux millionset demi de francsentreceux desdéposants qui consentiront à l'abandon définitit de toute réclamation quelconque contre le gouvernement portugais du chef du ditemprunt ». Il res-
sort de cet avis que seuls les porteurs qui ont déposé leurs titres et adhéré à l’abandon de toute réclamation ultérieure contre le gouvernement, ont pu prendre part à la répartition de la somme offerte. Il semble que désormais, cette question de l'emprunt dom Miguel soit définitivement liquidée, et toute nouvelle réclamation éteinte, en droit d’ailleurs, et d'après notre avis, le gouvernement portugais a rempli quoiqu’un peu tardivement l'obligation qu'il avait prise