ES
rent les employés exclusifs, ou à peu près, du service de la sûreté, puis on leur attribua successivement l'inspection des prisons, la surveillance des exécutionscapitales, et, à une époque incertaine, ils furent les délégués des questeurs en matière de juridiction pénale, avec, peut-être, une compétence propre dans des limites étroites.
Leur évolution se compléta, par une loi dusixième siècle de la ville, la loi Papiria (1), qui établit l’élection des triumvirs par le peuple, et leur donna une nouvelle compétence en matière civile. A ce momentlà, notre magistrature est classée parmi les magistratures proprement dites, et permanentes. Aussi est-ce bien à cette époque, que nous nous placerons, la plupart du temps, pour étudier les triumvirs ; c’est à partir de ce moment et durant un siècle environ que les triumvirs ont eu à exercer leur maximum de compétence; après la fin du VIT siècle de la ville, et surtout à partir de l'établissement de l'Empire, on leur enleva successivement une à une toutes leurs attributions, jusqu'au moment où 1ls disparurent complètement.
1. Cette loi fera l’objet d'observations détaillées, à propos de l’étude du mode d'élection de notre magistrature, et celle de ses fonctions civiles. Ce n'est qu’à ce moment que nous pourrons, avec quelque clarté, étudier la question de la date de la loi, qui présente quelque difficulté (voy. p. 24 et s. et 98 el s., infra).
Es pre
$ 3. — Dénominations
Comme il y avait plusieurs triumvirats à Rome (1), il convient d’examiner comment on distinguait le nôtre des autres, par quelles qualifications ou dénominations.
Leur titre officiel paraît avoir été « tres viri capitales », c’est le titre officiel, croyons-nous, parce que c’est le seul qu’on rencontre dans les lois et autres actes publics (2). C'était aussi la dénomination la plus usitée que nous rencontrons dans les textes, soit juridiques soit littéraires (3). Ce titre, pensonsnous, a dû leur être donné par la nature de leurs fonctions, préposés à la surveillance des exécutions capitales, on finit par voir en eux, un élément de l'exécution de la peine de mort, c’est dans ce sens d’ailleurs que Cicéron a pu dire, en faisant allusion à nos magistrats: « capitalia vindicanto » (4).
4. Dans la même classe de magistrats cj1e les nôtres il y avait encore, les ZI1 viri ære argento aurc flando ferundo, cités notamment par Cicéron.
2. Voyez les lois, Papiria, de Bantia, el Acilia, de repentundarum, dans les textes de M. P. F. Girar 1 . 23 ets.
8.Tive-Live, Epit. XI, XI, 22 : XXV, 1, 10, XXX VI, 16 12, XXXIX, 14 Varron Ling. lat. V, 81. Pomponius D. L. 4.T. 2. de orig. jur. frag., 2, $ 30.
&. Cicéron, de leg. 3. 3.
Mais ils en avaient encore d'autres ; beaucoup de textes les appellent nocturni (1), c’est-à-dire magistrats de nuit ; comment leur vint ce nom? Cela est tout simple, si l’on veut prendre la peine de remarquer que les textes qui attribuent cette dénomination aux triumvirs, parlent d’une époque, à laquelle ces magistrats venaient d'apparaître, ou étaient encore récents et n'avaient comme fonction, que celle qui a motivé leur création, à savoir la police de la cité pendant la nuit; quoi de plus naturel, alors, que de distinguer ces hommes, par la nature de leur fonction, d'autant plus, que pendant la nuit, paraîtil, les autres magistrats n’avaient pas l'habitude de se déranger, de sorte que les triumvirs se trouvaient être les seuls représentants de l’autorité dans les ténèbres. Donc, pendant la période durant laquelle les triumvirs avaient eu, comme fonction principale, la police, ils ont été appelés nocturni, et quand plus tard, leur compétence porta surtout en matière criminelle, ils tirèrent de là leur nouveau nom de capitales (2).
Nous insistons sur ce détail parce que beaucoup de personnes frappées de la diversité des noms ont prétendu, qu'il y avait eu deux triumvirats dis-
1. T.-Live IX, 46,3. Valère-Maxime, 8,1 damn. 6. Paul, D. L, 4. T. 15 de off. præf. vig. frag. 1.