‹ Les trois amants, pièce en deux actesChapitre 16 sur 89 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

LEENA.

Eh! que faites-vous donc, monsieur, de si extraordinaire? Vous ruinez-vous pour moi?

ALPHONSE

Non, mais je t'ai toujours dit que, si jamais j'étais libre, je te donnerais la moitié de ce que j'ai... que si j'étais dangereusement malade... que si je mourais...

LÉENA.

Ne parlons pas de ces choses-là !... En attendant, un autre me couvre de perles et de diamants, tandis que vous...

ALPHONSE

Tandis que, moi, je délaisse ma femme pour toi. Autrefois, je ne la quittais pas un instant, et maintenant je ne suis plus un moment avec elle.

LÉENA.

Si vous en êtes si amoureux, alors, soyez-lui fidèle. Allezvous-en ! mais allez-vous-en donc... Tenez, voici votre chapeau! Je vous défends de revenir.

ALPHONSE

Léena! ma petite Léena!

LÉENA.

Je ne suis plus votre jpetite Léena. Laissez-moi tranquille.

ALPHONSE

Voyons... Léena.

LÉENA.

Ahï... vous êtes jaloux de votre femme? Pourquoi donc ne serais-je pas jalouse d'elle?

ALPHONSE

Qui t'a dit que j'étais jaloux de ma femme?...

LÉENA.

Je le sais; que cela vous suffise. Je ne veux pas de partage.

ALPHONSE

Cependant...

LÉENA.

Il n'y a pas de cependant; c'est à prendre ou à laisser.

ALPHONSE

Si je te disais de quitter M. de C-hérancé?

LÉENA.

Je le quitterais tout de suite.

ALPHONSE

Tu le peux, toi! tu n'es pas pas mariée avec lui.

LÉENA.

Eh bien, démariez-vous.

ALPHONSE

Tu crois que c'est possible ?

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