ACTE DEUXIÈME
MAURICE
Tu voudrais me glacer par ces mots railleurs ! Tu n'y réussiras pas! (A Louise qui se lève.) Que fais-tu ? Que faiteS-VOUS ?
Un éclat?
LOUISE
Non, pas d'éclat... J'allais sonner Joséphine pour qu'elle* m'apporte mon chapeau ; vous, mon ami , prenez le vôtre et donnez-moi le bras... Allons au Cirque.
MAURICE
Je t'en prie, ne sonne pas... Ne sortons pas... Passons ici tous les deux cette bonne soirée que rien ne troublera.
LOUISE
Me promettez-vous d'être raisonnable?
MAURICE
Je te le promets... Mais non, je ne te promets rien... Il y a un terme à tout... Il y a des situations qui ne sauraient se prolonger à perpétuité... Entendre dire partout que je suis ton amant et ne l'être pas, c'est devenir ridicule... ridicule à tous les yeux, et aux tiens surtout.
LOUISE
Cette pensée ne vous serait pas venue ce soir, sans le départ de mon mari.
Peut-être. Ne parlons plus de lui ! Il t'oublie ! Oublions-le !
LOUISE
Maurice !
MAURICE
Je ne sors plus d'ici que tu ne sois à moi, toute à moi. (n se
lève précipitamment, coupe le cordon de la sonnette de la cheminée, ferme à clef et à double tour la porte de droite ; Louise s'élance pour l'empêcher de fermer la porte de gauche, mais Maurice, qui voit le mouvement et l'intention, se jette en avant.)
LOUISE
Vous êtes fou!
MAURICE
Oui, je le suis... Louise! Ma Louise!