ACTE DEUXIÈME
LOUISE
Oui, quand le mari est fidèle à sa femme ; non, quand il ne n'est pas.
ALPHONSE
La loi ne distingue point.
LOUISE
Mais la conscience distingue.
ALPHONSE
Osez-vous parler de conscience devant moi !
LOUISE
Tirer sur un homme désarmé...
ALPHONSE
Qui m'a déshonoré.
LOUISE
Cela fût-il vrai, que cela n'en serait pas moins une lâcheté et un assassinat. Eh bien, monsieur, tuez-moi donc! Vous hésitez! Vous n'osez pas! Ah! je vois bien ce qui arrête l'arme dans votre main; vous vous dites : « Il pourrait me désarmer et me tuer; elle serait vengée 1 »
ALPHONSE
Par son complice!
La fureur vous égare...
ALPHONSE
Si la fureur m'égare, dites-moi donc, monsieur,, pourquoi
VOUS avez fermé Cette porte. (Il montre du bout de son pistolet la porte de droite.) Et pourquoi VOUS alliez fermer Celle-ci. (Il montre u bout de son pistolet la porte de gauche.)
MAURICE
Ma réponse est dans le cordon de cette sonnette que j'ai coupé et qui est à vos pieds... S'il accuse l'ami, il justifie la femme.
ALPHONSE
Vous voulez me donner le change... C'est inutile, je sais tout.
MAURICE
Puisque vous écoutiez derrière cette porte, vous avez dû entendre...
ALPHONSE
J'ai entendu ces mots : Louise! ma Louise! accompagnés de deux tours de clef donnés à cette serrure.
MAURICE
Et cela a suffi...?
ALPHONSE
Que fallait-il donc de plus?
MAURICE
Je le jure sur l'honneur! il n'y a devant vous qu'un seul coupable, et ce coupable, c'est moi. Je vous dirais ; Faites