SCÈNE XIV
ALPHONSE, LÉENA.
ALPHONSE
Vous, Léena! vous ici!
LÉENA.
Oui, moi; cela t'étonne!
ALPHONSE
Vous n'étiez pas seule !
LÉENA.
J'étais avec Julie, qui m'accompagnait, — pour les convenances; — je l'ai laissée dans l'antichambre, où elle m'attend.
ALPHONSE
Mais que venez-vous faire à cette heure et dans cette maison, où vous pourriez vous rencontrer avec ma femme?
LÉENA.
Elle est bien venue chez moi ! Je viens chez elle. Je lui devais une visite, je la lui rends.
ALPHONSE
Léena, ce n'est pas le moment de plaisanter.
Aussi je ne plaisante pas, mon cher petit Alphonse. Dès que j'ai su que tu allais te battre avec Lucien, je n'ai eu qu'une pensée... accourir, te voir, te serrer la main et te donner ce médaillon pour qu'il te porte bonheur.
ALPHONSE
Et qu'en ferai-je?
LÉENA.
Voilà l'accueil que tu fais à ma tendresse, à mon dévouement!
ALPHONSE
Quel dévouement?
LÉENA.
Cent mille francs par an que je viens de perdre, car Lucien, avec qui tu vas te battre, m'a fermé sa porte? Est-ce que ce n'est pas à cause de toi? Eh bien, puisque tu m'y fais songer par ton ingratitude, réglons nos intérêts...
ALPHONSE
Quels intérêts?
LÉENA.
Tu me le demandes! Ai-je donc besoin de te rappeler tes belles paroles si passionnées quand tu me disais : « Si jamais j'étais libre... »
ALPHONSE
Je ne le suis pas!