‹ Les trois amants, pièce en deux actesChapitre 56 sur 89 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

LUCIEN

Il n'y a pas de cependant, monsieur, lorsque je prends une affirmation sous la responsabilité de ma parole. Quel témoignage avez-vous à opposer au mien?

ALPHONSE

Celui de...

LUCIEN

Vous n'osez pas achever, vous avez raison. Vous n'osez pas dire celui de Léena la fauve.

Elle a été votre maîtresse.

LUCIEN

Ne m'en faites pas souvenir, car ce serait me rappeler que vous vous cachiez quand je paraissais.

ALPHONSE

Est-ce une nouvelle provocation?

LUCIEN

Oui, si vous ne renoncez pas à un duel qui serait le déshonneur d'une honnête femme ; non, si les leçons que vous avez reçues aujourd'hui vous ont fait descendre dans votre conscience...

ALPHONSE

Parlez moins haut!

LUCIEN

Pourquoi?

ALPHO SE.

Parce que, si ma femme écoutait, elle pourrait tout entendre.

LUCIEN

Je n'ai rien à dire qu'elle ne puisse écouter.

ALPHONSE

En tout cas, vous ne nierez point que M. Maurice Evry, que je croyais mon ami, n'ait manqué à toutes les lois de l'amitié?

Accuser les autres et leur jeter la pierre est facile. Vous et moi, n'avons-nous jamais eu rien à nous reprocher?

ALPHONSE

J'ai à me reprocher l'excès de ma confiance dont un homme, que j'appelais et que je croyais mon ami, a indignement abusé. Cette confiance, cependant, devait être une raison de plus pour que, fût-il éperdument amoureux de ma femme, il le lui cachât et en renfermât le secret dans son cœur.

LUCIEN

A sa placef monsieur, êtes-vous bien sûr que vous eussiez exercé ce souverain empire sur vous-même? Au surplus, je ne viens pas excuser Maurice...

ALPHONSE

Alors, monsieur, que venez- vous faire à cette heure extrême?

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