‹ Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien DeckerChapitre 1 sur 49 · Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien Decker · texte numérisé non relu

Les Trois armes, ou Tactique divisionnaire du colonel prussien Decker

Depuis les grandes guerres de la Révolution et de l’Empire, les traditions seules ont conservé dans l’armée française les souvenirs des principes qui peuvent assurer la victoire au concours réciproque des trois armes. Pendant une longue période de trente-cinq ans, leur application réelle sur de vastes champs de bataille a complètement manqué à nos officiers ; cette partie importante de leur instruction a pu être trop souvent traitée superficiellement, bien que cependant, à la guerre, chacun d'eux puisse être appelé à commander des détachements composés d’armes

PRÉFACE

étrangères, en partie, à la sienne et que, d’ailleurs, les plus simples lois de l’humanité prescrivent à tous d’élre sobres du sang du soldat, tout eu sachant utiliser son énergie au plus grand profit du pays.

Si cela ne devait pas nous entraîner au delà des limites de notre sujet, ce pourrait être ici le cas de parler de la confiance mutuelle que l’on doit s'efforcer d’établir entre l’officier et le soldat , surtout dans l’armée française, où le courage et l’intelligence ont souvent suppléé à l’expérience pratique. Nous résumerons nos pensées à cet égard, en insistant sur la nécessité d’employer les loisirs de la paix à moraliser le cœur du Soldat, dont les instincts primitifs sont bons et généreux et à qui la bravourë n’a jamais fait défaut. Pour cela, l’exemple et les conseils de l’officier seront les meilleurs guides ; son instruction fera le reste.

Toutes les armes ont fait en France, depuis 1814, des progrès immenses, incontestables, au point de vue de la science et de la théorie. Si chez les puissances étrangères, ces progrès n’ont pas été aussi grands que chez nous, on en a fait toutefois ; et, si nous avons peu à apprendre de nos rivaux, qui peuvent devenir un jour nos ennemis, dans tous les cas, il est curieux, il est même bon de savoir précisément où ils en sont.

Pénétré des idées qui précèdent, nous avons fixé notre attention sur l’un des ouvrages didac-

PRÉFACE

tiques qui nous ont paru les meilleurs à étudier sur la matière. L’opuscule dont nous offrons la traduction a nos camarades, comme un Mémento où ils ('pourront rencontrer quelquefois d’utiles enseignements, n’est lui-même, dans une langue étrangère, que la reproduction d’une partie inédite en français, d un ouvrage du colonel prussien Decker (1). Cet ouvrage, extrêmement estimé en Allemagne, a été traduit partiellement en anglais par le major ,1. Jones, qui y a introduit plusieurs réllexions qui lui sont propres. Ainsi, pour les sujets traités dans cet opuscule, nous avons le dernier mot de l’art militaire en Allemagne et en Angleterre, c’est-à-dire dans les pays donl les armées pourraient rivaliser avec les nôtres.

Les théories et les laits que ce résumé expose, transportés d’une langue dans une autre, n’admettent pas, comme des compositions d’un autre genre, les licences et les tours de phrase que semble nécessiter la différence des idiomes ; cette traduction, par suite de sa double origine, devait être littérale avant toufc; c’est ce à quoi nous nous sommes principalement attaché. Nous y avons joint quelques notes qui pourront servir à l’intelligence du texte.

(1) Traité des Trois Armes, traduit de l'allemand, par le colonel, F. de Brack, 3 vol. in-8, Bruxelles, 1836-1838.

Xota. le troisième volume annoncé n’u jamais paru.

PRÉFACE

DU

Page 1