TRADUCTEUR ANGLAIS
Il peut souvent arriver qu’un officier soit appelé, à la guerre, à commander des détachements composés de différentes armes combinées avec celle qui lui est propre; il serait alors peu convenable que sa conduite donnât lieu de remarquer qu’il est peu de fautes commises par un officier, que la valeur du soldat ne sache surmonter.
En l’absence d'un ouvrage anglais traitant la matière qui fait le sujet de ce livre, nous avons jugé utile de traduire, tout en l’abrégeant, l’excellent travail du colonel Decker sur les Trois Armes , en y fondant, pour notre compte, quelques
f TRÉFACE. v
opinions tirées de Jomini et autres écrivains, propres à aider au développement du système.
La tactique, ou maniement des troupes, en présence de l’ennemi, est soumise à tant de circonstances diverses, qu’il est impossible de préciser d’avance des règles absolues dont on ne doive jamais dévier ; cependant, d’après de nombreux exemples tirés des événements des dernières guerres, les Allemands ont déduit quelques principes dont l’observation nous paraît d'une importance majeure. Ce système de lactique est basé sur les propriétés longtemps éprouvées de chaque arme, et il est évident que le meilleur tacticien est celui qui lire le plus grand parti possible de la coopération des trois armes dans l’action, selon leurs qualités respectives et "de manière que la faiblesse de l’une soit compensée par la force de l’autre.
Chaque arme possède sa spécialité d’organisation et d’armement, ce qui nécessite un système de tactique de toutes les armes réunies. Leur puissance, leur utilité relativement au terrain et leur équipement doivent, à la guerre, en déterminer l’emploi.
En même temps, on ne doit pas perdre de vue que toutes les règles ne sont données qu’à titre de principes généraux que les circonstances et les lieux ne peuvent manquer de modifier. Ces modifications seront abandonnées au jugement du
PREFACE
général qui n’oubliera jamais ce précieux axiome adopté par les Français : « Que tout ce qui mène à la victoire , est bien. »
Laissant de côté les chapitres de l’auteur relatifs à l’organisation de chaque arme, en raison de ce qu’un officier doit utiliser les ressources mises à sa disposition, nous commencerons par définir le plus brièvement possible les caractères propres à chaque arme ; en second lieu, nous montrerons l’appui réciproque que l’on doit attendre de chacune d’elles, lorsqu’elles sont appelées à combattre en plaine. Enfin (et ceci est le plus important), nous indiquerons comment cet appui peut être modifié par les accidents de terrain , tels que montagnes, forêts, bois, villages, enceintes, etc. Ces dernières considérations formeront les deux dernières parties de celle traduction.