TERRAIN MIXTE
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Au débouché d'un terrain difficile, nous enverrons en avant des forces imposantes en artillerie, ainsi que la plus grande partie de la cavalerie que nous avons laissée en arrière. Toutefois, il est plus facile d'expliquer celte manœuvre que de l'exécuter.
La circonspection est par-dessus tout nécessaire.
Les grands principes sont :
De ne pas attaquer trop précipitamment ;
De ne pas poursuivre l’ennemi avec trop d’impétuosité ;
De ne pas céder une position trop facilement ;
D’où il suit que ce genre de terrain est plus favorable à la défense qu’à l'attaque.
On emploie l’infanterie de ligne pour forcer le débouché en plaine. Cette infanterie et l’artillerie ouvrent la route dans le terrain entrecoupé qui succède. Grâce à cette double protection, l’infanterie légère avance toujours. Alors, commence ici une nouvelle période : On franchit le terrain irrégulier intermédiaire en tirailleurs, et l'artillerie s’établit à l'autre extrémité pour couvrir le déploiement des masses.
Un chef qui se laisse entraîner à conduire sa troupe aveuglément, peut tout compromettre; car, à la guerre comme en bien d'autres choses (i), il est
(I) Nous n'avons pas jugé à-propos, dans un ouvrage sérieux, de rendre littéralement l’expression triviale employée ici par l’auteur. (Trad. fran f.)
<)fi TERRAIN MIXTE.
très-difficile de rompre une affaire où l’on s’est engagé. , . t »
DÉFENSE
Dans la défense, tous les points accessibles doivent être soigneusement surveillés.
Nous plaçons l’artillerie à l’endroit où déboucheront les colonnes ennemies, et de façon à nous déployer sous l'abri de son feu.
Nos troupes légères occupent la partie en arrière du terrain irrégulier, de telle sorte que si nos masses sont repoussées par les assaillants, elles trouvent un appui dans leur retraite, et que l’ennemi ne puisse profiter de son avantage.
Maîtres de la lisière des bois, des haies et des pe-r lits défilés, nous devons faire éprouver à l’ennemi des pertes triples des nôtres.
Si nous reprenons tout d’un coup l’offensive, nous devons le faire avec. la plus grande énergie; car, dans de semblables circonstances, l’offensive doit succéder à la défensive aussi brusquement eju’un coup de foudre. La conséquence à déduire de ceci, est que les trois armes do.ivent être disposées de manière qu’aucune d’elles ne puisse faire défaut au moment opportun. Ne perdons pas de vue, cependant, que l’instant le plus. favorable pour fat-
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laque est celui où l’ennemi se prépare à faire avancer des troupes fraîches et que c’est aussi celui de frapper les plus grands coups.
Ainsi, s’il advient que la cavalerie de l’ennemi,, bien que supérieure en nombre, soit arrêtée par des obstacles, nous ne devons pas balancer à faire de suite avancer rapidement le renfort, même le plus léger, pour tenter de lui arracher la victoire.
On ne doit jamais engager de fortes colonnes sur un terrain irrégulier sans pionniers. Il est vrai qu’on y a plus souvent recours dans la défense que dans l’attaque, où l’on n’a pas toujours le temps de mettre à profit leurs services (t).
Les bois dispersés çà et là sur le terrain où nous manœuvrons, arrêtent longtemps l’ennemi, et le forcent à s’en emparer successivement ; ainsi, à Ville-Parisis, en 1814, l’arrière-garde française mit le corps d’armée de Kleist (2) aux abois pendant
(1) Chez les nations étrangères les pionnier^ remplacent lés
pontonniers et les sapeurs du génie. Ce dernier genre de troupes créé en 1808, n’est en réalité que le pionnier armé et revêtu d’attributions plus étendues, plus savantes. (Irad. franc.)
(2) Général prussien. .
toute la journée. De petits bouquets de bois indiquent d’eux-nièmes l'ordre de bataille qu'il est nécessaire d’adopter, et les clairières peuvent être rangées dans la catégorie des terrains mixtes; mais de grandes étendues de forêts créent un nouvel ordre de dispositions dont nous allons entretenir nos lecteurs.
Ces forêts couvrent également les opérations des deux partis, et ce n’est, fort souvent, qu’après quelques heures de combat que l’on reconnait les véritables intentions de l’ennemi. Elles rendent donc très-difficile la direction d'une affaire, en entravant les mouvements des troupes et interrompant les communications. L’action de la cavalerie est paralysée, celle de l'artillerie est limitée au peu de largeur des troupes praticables.
Les troupes habituées à agir par petits détachements sont seules aptes à s’engager dans un combat de celte nature.
Celles qui n’y sont point exercées, doivent l’éviter, sous risque de perdre leur communication intérieure.
Tous nos soins doivent tendre à rester maîtres de la lisière d’une forêt; parce que, repoussés de ce point, nous pouvons considérer la forêt comme à demi perdue.
En effet, de cette position nous observons l’ennemi sans en être vus, et notre ligne de feu est couverte, tandis que celle de l'ennemi est au contraire fort exposée.