DÉFENSE DES FORÊTS
Nous plaçons notre artillerie sur les points accessibles et nous disimulons, autant que possible, notre ligne de feu ; chaque arbre doit masquer un bon tireur.
Les angles saillants sont occupés par les meilleurs tireurs, en arrière desquels nous plaçons nos prin- , cipaux appuis en colonnes par pelotons. Ceux-ci se tiennent dans les creux et les ravins, et, lorsqu’il n’y a pas moyen de faire autrement, sur les routes.
De petits détachements de cavalerie sont aussi répandus sur la lisière, et tirent avantage des éclaircies de terrain.
La plus grande partie de la cavalerie reste en arrière sur les chemins de traverse.
Elle surveille les flancs de la forêt, pour empê- . cher l’ennemi de nous tourner, ou, du moins, nous en donner connaissance à temps.
Les règles suivantes sont donc applicables à la défense des grandes forêts :
1° L’infanterie légère défend avec opiniâtreté la lisière de la forêt.
c l° Le gros du corps de l’armée prend une position centrale en arrière, entre des lacs, des marais, et, s’il est nécessaire, derrière des abatis dont les approches sont commandées par l'artillerie.
3 e On défend pied à pied l’intervalle compris entre la lisière et la position principale. Les espaces découverts sont soutenus par de la cavalerie et de l’artillerie à cheval qui tombent sur l’ennemi au moment où il croit pouvoir reformer ses rangs.
Cette poignée de cavalerie cause souvent des surprises, parce que l’ennemi ne peut pas faire entrer la sienne en ligne.
Il est de la plus grande importance d’occuper les points d’intersection des routes. Il faut, pour cela, employer tous les moyens de défense et appeler le secours dé la fortification de campagne.
L’artillerie occupe les routes, de manière à se ménager la plus grande portée de ses pièces.
Le corps principal de cavalerie agit généralement en arrière de la forêt, soit pour appuyer les autres armes dans leur retraite, soit pour empêcher l’ennemi de déboucher : on balaiera avec des obus les routes qui ouvrent sur la plaine.
Il semble donc plus avantageux de défendre les ‘ forêts que de les attaquer.
On ne doit pas attaquer un bois dont on ne connaît ni l’intérieur ni les issues, et il est rare que l’on puisse se procurer d’avance ces' renseignements.
FOKÈTS.